Accueil International Tunisie, Liban : vers la fin du mariage libérateur pour les violeurs

Tunisie, Liban : vers la fin du mariage libérateur pour les violeurs

par La rédaction

En Tunisie et au Liban, la loi permet aux violeurs d’échapper à la justice s’ils épousent leurs victimes. Dans les deux pays, face à la colère, le changement est enfin en marche.


 

En Tunisie, l’article 227 bis pourrait bientôt être de l’histoire ancienne. Le chef du gouvernement, Youssef Chahed a annoncé vendredi 16 décembre une révision de cet article du code pénal, qui évite à un violeur toute poursuite s’il épouse sa victime.

Un projet de loi visant spécifiquement à réformer cet article sera présenté en urgence à l’Assemblée des Représentants du Peuple, en attendant un texte de loi plus général sur les violences faites aux femmes, a annoncé le Premier ministre.

L’article 227 bis du Code pénal a suscité ces derniers jours une vive polémique en Tunisie. Il a en effet permis à un tribunal d’autoriser le mariage d’une adolescente de 13 ans avec son violeur présumé, dont elle est enceinte. Les deux familles avaient demandé ce mariage pour éviter le scandale, selon le tribunal.

Cette décision a provoqué une onde de choc. Mercredi 14 décembre, le ministre de la Justice annonçait que le ministère public avait déposé une demande d’annulation du jugement. Le même jour, plusieurs centaines de Tunisien.ne.s manifestaient devant l’Assemblée des représentants du peuple pour réclamer l’abrogation de cet article.

La Tunisie n’est pas le seul pays concerné par une telle situation. Au Liban, c’est l’article 522 du code pénal qui exonère l’auteur d’un viol s’il épouse sa victime. Et il devrait aussi être abrogé très prochainement.

Mercredi 14 décembre, la commission parlementaire de l’Administration et de la Justice a validé l’abrogation de cet article 522. Il revient encore au Parlement de confirmer cette décision en séance plénière.

L’ONG Abaad, qui milite de longue date pour supprimer cette disposition, avait organisé plusieurs manifestations devant le Parlement. Fin novembre, elle mettait en ligne une vidéo choc, vue près de 3 millions de fois.

 

Quelques semaines plus tôt, en Turquie, le gouvernement avait, lui, tenté un retour en arrière, en présentant un projet de loi prévoyant l’annulation des charges contre les auteurs d’agression sexuelle sur mineure s’ils épousent leur victime. Face aux protestations, le pouvoir a reculé mais n’a pas définitivement enterré le texte.

Voir : Mariage des mineures : la Turquie recule

 

 

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