Accueil MédiasBruits et chuchotements Un décideur qui décide une décideuse qui materne

Un décideur qui décide une décideuse qui materne

par La rédaction

Quand la rubrique « décideurs » du Figaro s’appesantit sur le parcours professionnel d’un homme et sur la vie privée d’une décideuse.

Grâce à deux brèves annonçant des nominations de dirigeant.es dans Le Figaro, un débat sur les réseaux sociaux a pu servir de baromètre des mentalités. La première nomination concerne une femme, Amélie Vidal-Simi, « un visage féminin , pour le n°1 du biscuit»… L’article dit aussi qu’elle est mère de trois enfants. On en oublierait presque qu’elle était, jusque là, présidente et DG d’une importante branche du groupe Henckel. La deuxième nomination concerne un homme, Bernard Mounier, qui est présenté non pas comme un « visage masculin » mais comme un « professionnel charismatique » et on ignore s’il a des enfants.

Un bel exemple de définition de la place et des rôles des femmes et des hommes voulue par le journal. Elle est « un visage féminin » donc une sorte d’exception parmi les « décideurs » . Et le problème de l’exception c’est qu’elle confirme la règle « entre hommes ». L’homme de la rubrique nomination est tout entier dévoué à son entreprise tandis que la femme semble avoir d’autres priorités .

« Sexisme ordinaire. Merci LeFigaro de nous rappeler que, quels que soient nos parcours, réussites et accomplissements, nous serons toujours définies par notre progéniture et notre visage féminin, quand nos homologues masculins, sont, eux, des professionnels charismatiques. Il y a encore du chemin à faire. » écrit Raphaelle Hayat, conseil RH, sur LinkedIn… s’ensuit un débat lunaire où des commentaires approbateurs sont attaqués avec toute la palette des arguments antiféministes hors sujet. L’accusation d’être « jusqu’au boutistes », de vouloir la guerre s’abat sur ces celles qui ne font que mettre en lumière un double standard. Le petit côté « soumission enchantée des femmes », se lit dans les commentataires décrétant -sans la connaître- qu’elle est heureuse comme ça, alors bon, quoi, hein, ça va les hystériques. Ou encore,  l’éternel « vous vous trompez de combat », « vous désservez votre cause », le vrai sujet c’est le salaire. Comme si un combat excluait l’autre… Heureusement quelques hommes viennent dire qu’ils aimeraient, eux-aussi être définis par leur progéniture. Il y a de l’espoir.

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