Accueil Politique & Société Un guide de la Haute autorité de santé contre les violences conjugales

Un guide de la Haute autorité de santé contre les violences conjugales

par La rédaction

La Haute autorité de santé publie des recommandations pour permettre aux professionnels  de santé de repérer les victimes de violences au sein du couple, les protéger et les orienter.

Les professionnels de santé sont « des acteurs majeurs » pour repérer les victimes de violences au sein du couple. Et les associations de lutte contre les violences conjugales demandent depuis des années qu’ils soient sensibilisés et formés. Ce mercredi 2 octobre, lors d’une conférence de presse, la Haute autorité de santé (HAS) a présenté une série de recommandations de bonnes pratiques pour le « repérage des femmes victimes de violences au sein du couple » avec notamment la Dr Ghada Hatem – gynécologue-obstétricienne, fondatrice de la Maison des femmes de Saint-Denis (en photo)

Compte tenu des chiffres de violence, il est possible, selon la Haute Autorité de Santé que 30 à 40% des femmes assises dans les salles d’attente des médecins soient des victimes de violences conjugales. Dans les « données épidémiologiques » la recommandation rappelle que « en France, 219 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur ancien ou actuel partenaire intime, au cours d’une année ». En 2018, 121 femmes ont été tuées et 21 enfants mineurs sont décédés sur fond de conflit conjugal.

Alors la HAS a rédigé plusieurs fiches à l’intention des professionnels de santé pour aller vers une sorte de dépistage systématique. Car ces violences ne sont pas forcément visibles : elles peuvent être sexuelles, psychologiques ou même économiques. La HAS donne des questionnaires précis, des conseils d’orientation clairs et recommande de toujours «adopter une attitude empathique et bienveillante sans porter de jugement.» Le médecin doit envoyer des signaux clairs dès la salle d’attente en mettant des brochures à disposition. Et commencer par des questions ouvertes comme « Comment vous sentez-vous à la maison ? » ou « Avez-vous peur de votre partenaire ? » Avant cela bien sûr, le professionnel aura pris soin d’éloigner le présumé bourreau avant de commencer avec des phrases comme « Monsieur, je conduis toujours mon examen en tête-à-tête avec la patiente. »

Focus urgences, grossesse, dentistes

Les fiches de la HAS dressent également une liste de signaux qui doivent alerter.  Signaux allant, chez la patiente, de comportements craintifs à une forme de défiance vis-à-vis des médecins. Et chez le compagnon, s’il répond à la place de sa partenaire, minimise ses symptômes ou tient des propos méprisants… méfiance. Le document explique comment dresser un dossier médical exploitable et donne toutes les adresses possibles pour orienter les patientes. La HAS fait un focus particulier sur les patientes enceintes et en post-partum. Car « les femmes exposées à des violences pendant leur grossesse représentent environ 10 % des femmes en âge de procréer. » Un autre focus sur les urgences hospitalières et urgences pédiatriques. Les dentistes doivent aussi être alertés en cas de récidive de fracture dentaire ou de prothèse ou même une « attitude ‘trop’ résistante à la douleur.

En une cinquantaine de pages très précises, les professionnels de santé comprendront le cycle de la violence, sauront la repérer et orienter les victimes vers des structures pouvant les aider

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