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Un ‘non’ international aux mariages précoces

par La rédaction
MariageInde

Photo: © UNICEF/ NYHQ2009-2215/ Anita Khemka. Munni (debout), 18 ans, dans l’Etat du Rajasthan (Inde). Elle devait connaître un mariage arrangé à 17 ans, mais a convaincu son père de le repousser jusqu’à ce qu’elle ait l’âge légal.

La première « journée internationale de filles », le 11 octobre, alertait sur les mariages précoces. Un tiers des mineures dans les pays en développement sont concernées, et la pratique ne recule pas.


 

Malgré les lois interdisant les mariages d’enfants, leur nombre a à peine reculé au cours de la décennie écoulée, déplore le Fonds mondial de l’ONU pour la population (UNFPA). Jeudi 11 octobre, la communauté internationale célébrait la première « journée internationale de filles ». Une journée tout particulièrement consacrée à la question du mariage précoce des enfants, avant l’âge de 18 ans.

Dans les pays en développement, une jeune femme sur trois a été mariée avant sa majorité. Et un tiers d’entre elles avant 15 ans. Au cours des dix prochaines années, si la tendance se poursuit, plus de 14 millions de filles mineures seront mariées chaque année, avertit l’UNFPA dans un nouveau rapport publié ce 11 octobre (ici en anglais).

La moitié de ces mariages d’enfants concernent l’Asie, et un cinquième l’Afrique subsaharienne. Mais la pratique est également répandue dans certaines communautés en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Europe de l’Est.

L’éducation, première nécessité

Les conséquences les plus graves de ces mariages précoces sont sanitaires : dans les pays en développement, les complications dues à l’accouchement sont la principale cause de décès chez les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans (90% de celles qui sont enceintes sont mariées). Les filles de moins de 15 ans sont cinq fois plus susceptibles de mourir de causes liées à la maternité.

Mais interdire par la loi ces mariages précoces ne suffit pas. Au Népal par exemple, où la pratique est illégale, la moitié des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans. Même si le pays est l’un des rares où les mariages de mineures ont reculé ces dernières années.

Lire aussi : Quand le mariage des enfants résiste à la loi

Dans le monde, ces mariages ont cours « particulièrement dans les zones rurales et au sein des communautés les plus défavorisées », soulignent dans une déclaration commune le directeur exécutif de l’UNICEF, Anthony Lake, celui de l’UNFPA, Babatunde Osotimehin, et la directrice exécutive d’ONU Femmes, Michelle Bachelet.

Et ce sont les actions de terrain qui feront avancer les choses. Et notamment l’accès à l’éducation, « l’une des meilleurs stratégies », souligne le secrétaire général de l’ONU. Une statistique est particulièrement parlante : les filles qui ont accès à l’éducation secondaire sont six fois moins susceptibles d’être mariées avant 18 ans.

 

Voir :

L’UNFPA a mis en ligne, à l’occasion de cette journée internationale, une exposition interactive : « Too young to wed », « Trop jeunes pour le mariage », qui s’appuie en particulier sur les photos de Stephanie Sinclair.
Cette photographe new-yorkaise vient d’obtenir, à Perpignan, le Visa d’Or catégorie Magazine pour son travail consacré à « Ces petites filles que l’on marie », réalisé durant 9 ans au Yémen, en Ethiopie, en Afghanistan ou en Inde.

 

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