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Un pas de plus vers la réforme du congé parental

par Arnaud Bihel

Le gouvernement s’engage sur une évolution des règles. Piste privilégiée : un congé d’un an, avec deux mois à prendre par l’autre parent, rémunéré à 60%.


 

« Le gouvernement socialiste est déterminé à aller jusqu’au bout » pour réformer le congé parental, qui deviendrait plus court et mieux rémunéré, et plus incitatif pour le père. C’est ce qu’assurent Les Echos, lundi 3 décembre.

Une certitude née des conclusions du comité interministériel aux Droits des femmes. Le document qui en est issu évoque une « évolution des règles du congé parental d’éducation », qui « devra permettre d’accroître le niveau d’emploi des femmes et de favoriser un meilleur partage des responsabilités parentales lors des premiers mois de l’enfant. »

Dès le mois de septembre, la ministre des Droits des femmes avait annoncé son intention de réformer le congé parental, pour qu’il soit plus court et mieux rémunéré. Une piste promise dès le 8 mars par le candidat Hollande.

Pour l’heure, le sujet est encore entre les mains des partenaires sociaux qui doivent rendre les conclusions de leurs négociations en cours sur l’égalité professionnelle au plus tard en mars prochain.

Proposition Grésy, le retour

Mais selon Les Échos le gouvernement leur soumettra dans quelques jours ses pistes de réforme, dont ce « scénario central » inspiré du modèle suédois : « un congé raccourci à un an, rémunéré 50 % ou 60 % du salaire brut, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale – environ 1.500 à 1.800 euros par mois. » Et « une partie de la durée du congé sera obligatoirement attribuée au père. Autrement dit, ce droit non transmissible sera perdu si le second parent n’en profite pas ». Aujourd’hui, seuls 6% des pères prennent un congé parental.

Un an, à 60% du salaire brut, et deux mois non transmissibles : c’est le modèle de réforme qu’avait proposé Brigitte Grésy au précédent gouvernement, qui l’avait finalement enterrée.

La réforme verra-t-elle enfin le jour ? Les deux principaux écueils qui l’ont freinée jusque là subsistent encore : d’une part, l’opposition de la puissante Union nationale des associations familiales (Unaf) ; et de l’autre la question du coût. Sans oublier un autre point : pour qu’elle facilite, comme c’est l’objectif, le retour à l’emploi des mères, la réforme doit s’accompagner de l’accroissement de l’offre de garde pour les jeunes enfants. Une autre politique en cours de réforme.

 

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1 commenter

Lili 4 décembre 2012 - 16:42

Enfin !!!!

Ceci dit, j’étais le WE dernier à un atelier sur le congé de paternité aux Semaines sociales de France. Le sujet n’a pas passionné les foules mais les participants ont eu un échange fort instructif pour moi (et pour eux).
J’ai milité très et très fort pour cette réforme.
Tous sont pour, mais j’ai pris conscience du poids énorme de la question financière dans la décision. En fait, tous l’ont dit : si perte de salaire, pas de congé paternité.
Donc ceux dont l’entreprise compense ont pris ce congé et les autres non. Même au niveau des femmes c’était radical : congé mat ultra minium si pas de compensation du congé parental.
Beaucoup de cadres dans le groupe, donc des gens qui reconnaissent ne pas avoir de problème d’argent, mais simplement un crédit ou un loyer aligné sur les deux salaires, et donc le moindre mois avec un gros trou, c’est risqué.
Plus l’aspect psychologique, pour les hommes (mais aussi de plus en plus pour les femmes), de quitter le poste… La crise joue à plein au niveau de la pression sociale.
Et un cas de déprime aussi. Le seul père qui avait pris son congé long (plusieurs mois) s’est retrouvé très isolé socialement (car les « après-midi de mamans » ne l’intéressaient pas), de ses amis, collègues, le regard social et le regard sur lui-même…
Ce témoignage m’a fait prendre conscience que créer des groupes ou blogs de papas en congé paternité, car c’est un facteur important en ce monde où les stéréotypes jouent à plein…

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