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Un plan contre la prostitution des mineur.es

par La rédaction

« Sortir du déni », protéger, réprimer : le plan de lutte présenté par Adrien Taquet est doté de 14 millions d’euros. Mais il ne sera pas suffisant déplorent plusieurs associations.

Lundi 15 novembre, le secrétaire d’État à l’Enfance, Adrien Taquet, a présenté un plan interministériel, de « lutte contre la prostitution des mineurs », un fléau qui concerne entre 7 000 et 10 000 jeunes en France. Des filles l’immense majorité, âgées de 15 à 17 ans. La moitié aurait commencé entre 14 et 15 ans,  selon le rapport du groupe de travail présidé par la magistrate Catherine Champrenault en juillet dernier. « Ces mineurs, issus de tout milieu social, ont souvent en commun d’avoir été victimes ou confrontés à de la violence, notamment intrafamiliale, avant d’entrer dans le système prostitutionnel » précise le plan en guise d’introduction.

Un plan qui sera déployé fin 2021 et en 2022. Il est doté d’un budget de 14 millions d’euros, concerne plusieurs départements ministériels (Santé, Enfance, Intérieur, Justice, Education nationale, Numérique, Ville, Tourisme et Egalité femmes-hommes) et s’articule autour de cinq priorités déclinées en 13 actions.

D’abord tenter de prévenir : le plan prévoit des « formations croisées entre professionnels confrontés à la prostitution infantile pour créer une culture commune du repérage et de l’accompagnement (travailleurs sociaux, professionnels de santé, communauté éducative, juges, forces de l’ordre, hôtellerie, etc.) » Il prévoit également des actions sur les réseaux sociaux où commencent parfois de tragiques histoires. Et veut mettre à l’abri les jeunes victimes du système prostitutionnel : « Reconnaître aux mineurs en situation prostitutionnelle le statut de mineur en danger relevant du champ de la protection de l’enfance ».

Concernant les clients et proxénètes,  le plan veut les « poursuivre et réprimer plus efficacement ». Pour celà, il prévoit de « désigner un magistrat référent dans chaque tribunal », « diffuser d’une trame d’audition de victime de la prostitution» ou encore renforcer la lutte contre la cyber-criminalité et faire coopérer les plateformes d’hébergement locatif.

Un plan insuffisant déplorent plusieurs associations.

Armelle Le Bigot-Macaux, Présidente de l’association Agir contre la prostitution des enfants, interviewée par 20Minutes regrette que l’éducation à la sexualité prévue par une loi de 2001ne soit toujours pas en place et que les enfants découvrent la sexualité à travers la pornographie qui banalise la prostitution. « Quand les gamines ont basculé – ce sont majoritairement des filles –, il est très difficile de les aider. La prévention est donc essentielle, et l’un des points-clés, c’est l’éducation. » martèle-t-elle. Elle espère que ce plan ne sera qu’une première étape de changements beaucoup plus vastes.

Le mouvement du Nid qui lutte contre le système prostitutionnel déplore la faiblesse des mesures à l’encontre des pédocriminels qui sont clients ou proxénètes. Si le mouvement « constate avec satisfaction le caractère interministériel du plan présenté et la promesse d’une prise en charge immédiate des victimes dès les premiers signes de détresse», ll  regrette : « néanmoins aucune action concrète n’a été annoncée pour améliorer la répression des hommes qui achètent des actes sexuels à des enfants. L’État doit aller plus loin. »

Le Mouvement du Nid a créé plusieurs outils pour lutter contre la prostitution des mineur.es :

– Une brochure de sensibilisation au phénomène de la prostitution des mineur·es réalisée avec le soutien de l’Education nationale. Des formations à destination des professionnel.le.s de l’action sociale et de l’éducation.

Et vient de réaliser ce film : 

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