Accueil International Une délégation de femmes pour accompagner le président en Irak

Une délégation de femmes pour accompagner le président en Irak

par Isabelle Germain

Nadia Murad et Caroline Fourest font partie de la délégation embarquée pour une rencontre internationale où il sera question de droits des femmes.

C’était annoncé depuis le début du mois :  un an après sa visite du 2 septembre 2020 Emmanuel Macron se rend à nouveau en Irak. Et la délégation qui l’accompagne les 27 et 28 août n’est pas composée seulement d’hommes, ce qui est assez rare dans ce type de rencontre au sommet.

Le président de la République participera d’abord samedi à une « conférence régionale » à Bagdad pour « manifester son soutien au rôle pivot de l’Irak, à la lutte contre le terrorisme et au développement du pays, et contribuer à la baisse des tensions » explique la présidence. Il devrait évoquer la situation en Afghanistan après les attentats meurtriers de Kaboul, la situation des djihadistes français détenus en Irak et, indique l’Elysée, la question des droits des femmes. 

Puis, dimanche, le président français se rendra à Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan, puis à Mossoul, la ville qui est restée trois ans aux mains de Daech. Il devrait échanger avec des étudiants et des « influenceurs » annonce l’Elysée, avant de visiter l’église Notre-Dame de l’Heure en soutien aux chrétiens d’Orient puis le chantier de reconstruction de la mosquée sunnite al-Nouri, détruite par Daech.  

Dans la délégation qui accompagne le président, deux défenseuses des Droits des femmes devraient peser pour que la question soit correctement traitée.

Deux militantes

Nadia Murad, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2018, avait également reçu en 2016 avec Lamiya Aji Bashar le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit. Yézidies d’Irak, elles avaient survécu à l’esclavage sexuel de Daech et étaient devenues les porte-paroles des femmes victimes des violences sexuelles. Enlevées par Daech en 2014, maintenues en esclavage, torturées et violées, elles avaient fini par échapper à leurs tortionnaires.

Lire : Nadia Murad et Lamiya Aji Bashar, lauréates du Prix Sakharov 2016

En décembre 2015 Nadia Murad avait interpellé la communauté internationale à la tribune de l’ONU, en alertant sur le sort de la population yézidie, en particulier l’esclavage sexuel et la traite auxquels étaient soumis les milliers de femmes et d’enfants capturés par Daech.

Lire: Nadia Murad : “Vous et vos familles ne sont pas les seuls à mériter la vie”

En 2016, elle avait également reçu le « Prix des droits de l’Homme Václav Havel », décerné par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Un prix qu’elle dédiait « aux 3400 Yézidis, femmes et enfants, en captivité et victimes de la terreur ».

En septembre 2016, Nadia Murad était nommée première ambassadrice de bonne volonté des Nations Unies pour la dignité des survivants de la traite des êtres humains. Avec le soutien de l’avocate Amal Alamuddin Clooney, elle s’est battue pour traduire devant la justice internationale Daech et les groupes qui commettent ces atrocités.

Le président sera également accompagné par Caroline Fourest, la journaliste essayiste et réalisatrice engagée contre les intégrismes religieux. En 2018, elle a notamment réalisé le puissant film « Sœurs d’armes » inspiré de faits réels qui raconte la lutte d’une brigade internationale de combattantes contre Daesh.

Deux personnalités qui rendent un peu plus crédibles les ambitions de diplomatie féministe de la France.

Lire aussi dans Les Nouvelles News :

LES AFGHANES ET L’INTROUVABLE DIPLOMATIE FÉMINISTE

DIPLOMATIE FÉMINISTE EN VUE DU G7

UN G7 FÉMINISTE, VRAIMENT ?

LA FRANCE REVENDIQUE UNE « DIPLOMATIE FÉMINISTE »

Partager cet article

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

0 commenter

Laisser un commentaire

Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com