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Une femme aux commandes ? Le Québec coince aussi

par La rédaction

Pour la première fois, une femme devrait devenir Premier ministre du Québec. Mais Pauline Marois n’a pas eu la campagne facile. Parce que femme ?


  

Pour la première fois, une femme devrait occuper le poste de Premier ministre du Québec, à l’issue des élections du 4 septembre. Le journal La Presse, repris par Courrier International, s’en réjouit. Tout en notant que Pauline Marois « ne sera pas élue parce qu’elle est une femme et encore moins parce qu’elle est souverainiste, mais parce qu’elle semble être la seule option pour ceux qui en ont soupé du gouvernement libéral [de Jean Charest, le Premier ministre sortant] », le journal estime que «  c’est un petit pas pour l’humanité, mais un grand pas pour l’égalité des sexes au Québec. »

Pour autant, la campagne électorale n’a pas vraiment laissé cette impression. Ainsi, le journal s’interroge :
« Pourquoi aucune femme ne s’est-elle portée à la défense de Pauline au lendemain des débats alors que la vaste majorité des commentateurs politiques lui sont tombés sur la tomate sous prétexte qu’elle avait gaffé deux fois dans la même journée, comme si ses adversaires, eux, n’avaient jamais gaffé de leur vie ? Pourquoi, quand Pauline a fait la couverture de L’actualité, une question clignotait-elle en grosses lettres sous sa photo: « A-t-elle l’étoffe d’un Premier ministre ? », question que l’on n’aurait jamais osé imprimer si un futur Premier ministre avait été en couverture ? Pourquoi les femmes qui aspirent au pouvoir politique partent-elles toujours avec un déficit de crédibilité ? ».
Un parfum de 2007 en France et de l’atmosphère pesante qui régnait autour de la candidature de Ségolène Royal…

Sur le même sujet et au-delà du sexisme ordinaire, la sexologue et auteure québécoise Jocelyne Robert, qui votera « pour une Première Ministre », notait que le principal ingrédient du charisme est la désinvolture… que les femmes ne s’autorisent pas.

 

 

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2 commentaires

Marc Nadue 31 août 2012 - 11:04

La façon dont les journaux désigne les personnages politiques et très significative et importante la crédibilité dont il sont crédités.
Ségo>>> diminutif du prénom,
Sarko>>> diminutif du nom,
DSK, NKM>>> des sigles.
Et j’en passe pour les surnoms (le nain, flambi, etc.)
Dans l’extrait cité, le journal en question appelle la candidate Pauline…

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Lili 4 septembre 2012 - 09:02

« A-t-elle l’étoffe d’un Premier ministre ? », question que l’on n’aurait jamais osé imprimer si un futur Premier ministre avait été en couverture ? »

Vous rigolez? On a passé des mois à se demander si Hollande aurait l’étoffe d’un président et tout son boulot a été de se construire cette image-là.

Les femmes politiques ne sont pas dispensées des épreuves que subissent les hommes. Elles doivent aussi se construire leur image, et prendre des coups.

L’article sur la désinvolture est en revanche tout à fait passionnant. j’ai l’impression que les plus jeunes femmes commencent à s’autoriser cette désinvolture et c’est une bonne nouvelle. Mais y a encore du boulot…

Quant à se défendre entre femmes… On attend d’un-e élu-e qu’il fasse la preuve de sa capacité à se défendre et à mobiliser des soutiens politiques, mâles ou femelles. En dehors des cas d’insultes sexistes, jouer le « femmes, soutenez-moi car je suis une femme », c’est jouer le jeu du stéréotype, de la guerre des sexes, de l’argument non-politique, non-idéologique, non-intellectuel.

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