Accueil Politique & SociétéÉducation Une mère en haut d’une grue pour la scolarisation des autistes

Une mère en haut d’une grue pour la scolarisation des autistes

par Arnaud Bihel

A Toulouse, une mère s’est installée en haut d’une grue pour plaider le droit à la scolarisation des enfants autistes. Un droit bafoué par la France, rappelait récemment le Conseil de l’Europe.


 

Depuis un an, plusieurs hommes ont fait l’actualité en s’installant en haut de grues pour plaider leur cause. Il s’agit de pères s’estimant lésés par la justice familiale, qui réclamaient le droit à la garde de leurs enfants – en déformant quelque peu la réalité1.

Mais prendre de la hauteur pour se faire entendre ne semble plus une discipline masculine. Ce vendredi 21 mars, dans deux villes, ce sont des femmes qui entendent attirer l’attention du haut de grues.

A Nice, quatre habitantes d’un quartier ont choisi cette option pour réclamer de meilleurs logements sociaux.

Et à Toulouse, la mère d’un enfant autiste s’est installée en haut d’une grue pour réclamer une meilleure prise en charge éducative des jeunes autistes. Elle dénonce notamment la précarité des contrats des auxiliaires de vie scolaire. (Mise à jour : Au bout de quelques heures, elle a obtenu gain de cause auprès du rectorat pour son enfant.)

40 000 enfants autistes n’ont pas accès à l’école

En février dernier, le Conseil de l’Europe rendait public un avis dénonçant « l’engagement insuffisant » de l’Etat français pour la scolarisation des autistes, en violation de la Charte sociale européenne.

Entre autres chiffres accablants, le Conseil relevait que 20% des enfants et adolescents autistes en France sont scolarisés en milieu ordinaire (et au lycée le pourcentage tombe au niveau « insignifiant » de 1,2%), alors que seuls 30% des autistes présentent des déficiences intellectuelles

Ce sont 40 000 enfants atteints de troubles autistiques et en âge d’être scolarisés qui n’ont « pas accès à l’école, que ce soit en milieu ordinaire ou en établissement spécialisé, et sont privés du droit fondamental de tout enfant à recevoir une éducation appropriée à ses besoins. »

 

 


 

1 Par ailleurs la principale figure de ces « pères perchés » vient d’être condamné pour « soustraction d’enfant ».

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1 commenter

09 Aziza 25 mars 2014 - 08:29

Différence de taille: les « pères perchés » ne parlent que de leur nombril(et ce dont il est question, c’est de leur situation d’homme, pas de leur enfant, a bien noté un psychanalyste), les mères veulent la dignité pour leurs enfants.
Si npus pensons aux enfants en priorité, alors il est incroyable que des juges laissent un droit d’hébergement à des personnes aussi instables que les hommes instrumentalisés par les « groupes de pères ». On a pitié des adultes otages; un enfant enlevé, même par son père est un otage.

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