Une société sans immigration ? La Corée du Nord

par La rédaction

Le ‘backlash’ actuel contre l’immigration est un non-sens économique pour les pays développés, juge l’économiste Ian Goldin.


 

Universitaire et ancien vice-président de la Banque Mondiale, Ian Goldin évoque pour le Forum économique mondial le risque pour les pays riches de fermer leurs portes à l’immigration (à lire ici en anglais).

Sud-Africain travaillant actuellement en Angleterre, l’économiste s’inquiète de « la tendance, déjà observée dans l’histoire » à rendre l’immigration responsable de tous les problèmes économiques, dans ce contexte de crise. Prenant, entre autres exemples, les scores du Front National en France où les attaques contre les migrants en Grèce, il juge « déprimante cette situation, alors qu’il n’existe aucune preuve empirique venant appuyer ce discours selon lequel les immigrés prennent le travail des locaux, mangent leur pain et nuisent à l’économie ».

Au contraire, prévient Ian Goldin : fermer les portes à l’immigration conduira, « loin de faire chuter le chômage, à le faire augmenter ». Et de rappeler que de nombreux secteurs de l’économie – de l’agriculture à la construction, de la technologie au tourisme – dépendent de travailleurs migrants. « Des hôpitaux fermeraient pour avoir perdu autant des agents de nettoyage que des chirurgiens du cœur. Des femmes dépendant de nounous étrangères pour travailler en paieraient le prix. »

Les migrants sont à l’origine de plus de la moitié des start-ups de la Silicon Valley, souligne encore Ian Goldin. « Les pays développés ne peuvent pas se permettre de les perdre. » Une société sans immigrés ? « Ce serait comme vivre en Corée du Nord », conclut-il.

 

 

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