Accueil Médias « Pas de couilles, pas de nom de famille »

« Pas de couilles, pas de nom de famille »

par La rédaction
Burggraf Ruquier

A la une du Parisien, nouvel exemple de la tendance à appeler les femmes par leur seul prénom alors que les hommes ont un nom.


Quelques mots suffisent. Ils sont signés par le rédacteur en chef-adjoint de Marianne2.fr, Thomas Vampouille : « Pas de couilles, pas de nom de famille ». Ce qui a motivé cette remarque, c’est un encadré à la une du journal Le Parisien, lundi 30 mai : « Vanessa remplace Léa chez Ruquier ».

Comprenez : Vanessa Burggraf va remplacer Léa Salamé dans l’émission On n’est pas couché de Laurent Ruquier. Mais sur le papier, l’homme à droit à son nom de famille quand les femmes ne sont mentionnées que par leur prénom.

 

Un triste classique dans la presse, et une façon d’enfermer les femmes « dans un paternalisme bienveillant », déplorait en 2015 la porte-parole d’EELV Sandrine Rousseau.

Le rapport sur l’image des femmes dans les médias, en 2011, qui avait ouvert le débat sur la faible place accordée aux expertes, relevait aussi que « l’appellation par le seul prénom est beaucoup plus fréquente pour les femmes » : en plateau, les expertes sont appelées par leur seul prénom dans 15,5% des cas, six fois plus que les experts (2,5%).

Les Nouvelles NEWS en ont déjà relevé plusieurs exemples de cette situation au fil du temps. Comme ce titre du Parisien, déjà, à propos de la ministre de l’Education nationale : « L’épreuve du feu pour Najat ». Ou celui du Figaro qui parlait de « Geneviève et Germaine » quand Geneviève de Gaulle Anthonioz et Germaine Tillion faisaient leur entrée au Panthéon.

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

« Danielle » a même un nom !

L’état civil masculin des femmes de ministres

Surenchères sexistes à On n’est pas couché

Une année de télé et radio : les chiffres « insuffisants » de la représentation des femmes

 

Partager cet article

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

5 commentaires

5 commentaires

Hélène 30 mai 2016 - 12:22

A la radio aussi, c’est courant.
J’avais envoyé un petit message chez France Inter sur ce sujet.
L’animateur avait rectifié dans la semaine.
Et l’intervention de la dame avait gagné son nom de famille comme ses confrères masculins qui eux ne l’ont jamais perdu, bien entendu.
Comme quoi, quand interpelle, on fait réfléchir 🙂
Et parfois, on tombe sur des animateurs à l’écoute.
Keep up the good work!

Répondre
flo 30 mai 2016 - 13:08

Ah ! Cher Thomas Vampouille… comme vous avez mille fois raison ! Pas de couilles pas de Une de Marianne… (ou si peu)

Répondre
09 Aziza 31 mai 2016 - 17:37

Ne pas appeler quelqu’un de son nom de famille est une marque de statut inférieur: voir les employées de maison appelées « Marie » par une employeuse qui se fait appeler « Madame ». Cependant, les femmes n’ont pas d’identité stable. Une amie me faisait observer combien il est difficile de retrouver des camarades de lycée parce qu’elles ont toutes « changé de nom ». Une femme divorcée une seule fois, puis remariée quelques années après, peut porter 3 noms distincts en quelques années: son 1er nom d’épouse, puis son nom de naissance après la divorce, pour reprendre un autre nom ensuite, celui du second mari…Qui suis je ? comment signer, on ne sait plus…Voilà pourquoi certains pays ont carrément interdit que le mariage change quoi que ce soit au nom, même en simple usage. Comment considérer quelqu’un à l’identité aussi volatile? Et malgré les décrets ministériels, le nombre de fois où on me demande quel est mon « nom de jeune fille » est effarant.

Répondre
martine.lumbreras@yahoo.fr 1 juin 2016 - 12:10

BOnjour
mariée une seconde fois, j’ai gardé mon nom de naissance, mais j’ai un mal incroyable sur les documents notariés à obtenir que l’on n’écrive que ce nom. Il est toujours accolé du nom de mon mari ou simplement remplacé. Ceci entraîne des quiproquos au niveau des impôts et autres administrations. Et, malheureusement, les femmes ne sont pas en reste pour ne pas vouloir corriger ces erreurs. Par automatisme…

Répondre
09 Aziza 2 juin 2016 - 19:43

@martine: vous pouvez dire à votre notaire qu’il (ou elle) a obligation absolue de vous indiquer sous votre nom de naissance, seul valable pour tous les actes, conservation des hypothèques, etc… Un acte doit perte rédigé comme suit si vous êtes mariée ou divorcée/ou les 2:
Madame X
épouse de M.Y (date et lieu du mariage)
divorcée de M.Z
La réciproque est vraie pour les hommes(Monsieur X, époux de Mme Y, divorcé de Mme Z)
En aucun cas votre nom ne peut être remplacé par un nom d’usage marital(supposez que votre époux ait aussi une soeur qui se nomme Martine?) et tous les prénoms de tous doivent être énumérés.
Ce sont les règles de l’état-civil: celui-çi indique qui est ou a été votre conjoint, mais cela ne change en aucun cas votre identité.

Répondre

Laisser un commentaire