Les membres du Conseil national du numérique ont remis « leur mandat à la disposition du président de la République et du gouvernement ». Une occasion de créer un organe paritaire ?
Petite déflagration sur Twitter jeudi soir : les membres du Conseil national du numérique (CNN), organe consultatif créé par Nicolas Sarkozy, ont annoncé « remettre leur mandat à la disposition du président de la République et du gouvernement », afin de « faciliter [la] réflexion sur la gouvernance du numérique ». Ce n’est pas une démission affirment-ils… Cette « remise de mandat » a été provoquée par la nomination, par Fleur Pellerin, ministre en charge de l’économie numérique, de Jean-Baptiste Soufron, un de ses proches conseillers, au poste de secrétaire général du CNN.
Rappelons que dès sa création, le CNN, avait été très critiqué. Cet organe consultatif censé pouvoir, en toute indépendance, guider les politiques publiques, était composé essentiellement des représentants des grands groupes industriels des télécoms, des fournisseurs d’accès à Internet et des sociétés de commerce électronique… « aucun représentant des organisations professionnelles reconnues, ni des citoyens utilisateurs du numérique et aucun élu de la nation » n’y figurait observait le Spiil (le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil – dont Les Nouvelles NEWS font partie).
Démocratie numérique plus complète ?
Une nouvelle version du CNN verra-t-elle le jour ? Sera-t-elle de nature à créer une République numérique paritaire ? Ce serait une véritable innovation. Nous avions pu l’observer lors d’un dîner organisé par l’ex-ministre en charge du numérique Eric Besson. La première femme que son cabinet avait invitée à ce dîner, Natacha Quester Semeon avait fermement demandé qu’il y ait autant de femmes que d’hommes autour de la table et l’avait obtenu. Quelques temps auparavant, le Président d’alors, Nicolas Sarkozy n’avait invité que des hommes pour parler numérique. Résultat : les sujets abordés lors du dîner paritaire d’Eric Besson étaient variés, les échanges de bon niveau. La démocratie semblait moins incomplète.
Voir davantage de femme dans des fonctions prestigieuses pourrait éviter des dérapages méprisants comme lorsque Jean-Baptiste Descroix-Vernier, ex vice-président du Conseil National du numérique (CNN) et supposé, à ce titre, rencontrer tous les candidats à la présidentielle, évoquait en ces termes le candidat François Hollande : « C’est une nullité dans le numérique. Et il s’est contenté de nous envoyer sa femme de ménage. » La « femme de ménage » étant Fleur Pellerin, alors conseillère du candidat socialiste, aujourd’hui ministre en charge de l’économie numérique…
Aujourd’hui malgré la parité au gouvernement, le compte n’y est pas dans les hautes sphères de l’Etat mais il est encore temps de créer une République numérique paritaire.
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