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Violée et accusée, scandale en Tunisie

par La rédaction

Les policiers accusés de viol par une Tunisienne la poursuivent en retour, l’accusant d’avoir eu précédemment un comportement indécent. Des associations s’indignent, le gouvernement fait le dos rond.


 

A l’heure où l’Assemblée nationale constituante tunisienne vient de rassurer en confirmant dans le texte l’égalité entre hommes et femmes, ce « fait divers » porte un mauvais coup à l’image de la Tunisie.

Une jeune femme, violée par deux policiers, est accusée d’atteinte à la pudeur. Ne tombons pas dans la confusion : ce n’est pas parce qu’elle a été violée qu’elle risque la prison. Mais pour le fait d’avoir été surprise en « position immorale » avec son compagnon dans une voiture, selon ses accusateurs. Deux des policiers qui les ont contrôlés ont alors conduit la jeune femme de 27 ans « à l’arrière de leur voiture et l’ont violée », raconte son compagnon à France 24. Lui-même était retenu, menotté, par un troisième agent.

Les trois hommes sont aujourd’hui derrière les barreaux et doivent être jugés début octobre. Ils risquent… 6 mois de prison. Mais selon le compagnon de la jeune femme, la procédure pour « indécence » lancée à l’encontre du jeune couple vise à faire pression sur eux pour les « inciter à retirer leur plainte contre les policiers ». Il assure par ailleurs qu’ils ne faisaient rien d’indécent dans cette voiture.

Harcèlement policier ?

Plusieurs ONG ont exprimé « leur profonde préoccupation » face à cette situation. Elles dénoncent dans une lettre publiée le 25 septembre (ici en arabe) « une procédure qui transforme la victime en accusée, qui vise à la terroriser et à l’obliger, elle et son fiancé, à renoncer à leurs droits ». Et s’interrogent « sur le sérieux du gouvernement dans la mise en œuvre du plan national pour la prévention de la violence contre les femmes ».

Le ministère tunisien de la Justice assure ne pas être intervenu dans la procédure menée à l’encontre de la jeune femme et, cité par Al Jazeera, s’en lave les mains : « Le crime commis par les deux agents de police n’annule pas la possibilité qu’elle ait fait quelque chose d’illégal. »

France 24 rappelle que « les associations féministes tunisiennes dénoncent, depuis l’arrivée au pouvoir des islamistes d’Ennahda en octobre 2011, le comportement de la police à l’égard des femmes. Elles seraient régulièrement harcelées en raison de leur tenue vestimentaire ou lors de sorties nocturnes lorsqu’elles ne sont pas accompagnées par un homme de leur famille ».

 

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1 commenter

Ann 28 septembre 2012 - 11:46

Il y avait eu autrefois une caricature faite par Charlie hebdo sur une situation approchante.
Je présente d’abord des excuses pour oser rappeler cette caricature qui cependant ne peut pas être insultante pour la personne violée , être humain qui souffre et a été humiliée et avilie par des représentants de l’Etat.
La caricature montrait l’imbécilité de la contre attaque d’un violeur et la non moins imbécile complaisance hargneuse de la justice.
Au tribunal devant le juge se trouvait une chèvre et son berger et le juge pointait un doigt rageur vers la chèvre en l’accusant d’avoir provoqué son violeur.

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