Accueil International Les violences contre les Afghanes « largement sous-déclarées »

Les violences contre les Afghanes « largement sous-déclarées »

par La rédaction

Gagnon

C’est ce que déplore le dernier rapport de la mission de l’ONU en Afghanistan, qui note que l’application de la loi contre les violences votée en 2009« reste faible ».


 

En Afghanistan, les femmes continuent d’être la cible de violences en raison de leur sexe, et ce malgré des lois spécifiques faites pour les protéger. C’est le triste constat dressé par la Mission des Nations Unies en Afghanistan (UNAMA), dans son dernier rapport. Un document publié au lendemain du meurtre de la responsable gouvernementale Nadia Sidiqi dans la province de Laghman.

La loi dite EVAW sur les violences faites aux femmes, votée en août 2009, cible une vingtaine de formes de violences, du mariage précoce au viol. Mais son application « reste faible », souligne le rapport (ici en anglais).

Les données recueillies par la mission de l’ONU concernent 22 des 34 provinces afghanes, et font état d’une augmentation, par rapport à l’année précédente, du nombre de cas de violences enregistrées par la police et les autorités judiciaires. Plus que le signe d’une augmentation de ces violences, la directrice de l’UNAMA Georgette Gagnon préfère y voir celui d’une libération de la parole.

Sur les 470 cas de violences déclarés en rapport avec la loi (les associations, sur place, font état globalement de 4 000 faits de violences cette année), 163 ont fait l’objet de poursuites judiciaires, et 100 ont abouti à des condamnations. Une faible proportion de plaintes a donc connu des suites judiciaires même si le rapport fait état de progrès par rapport à l’année précédente. Mais une fois le processus enclenché, « l’usage de la loi sur les violences a conduit à davantage de justice pour les femmes », commente Georgette Gagnon.

Reste que, selon le rapport, « les faits de violence à l’encontre des femmes restent largement sous-déclarés, en raison de blocages culturels, normes sociales et tabous, de croyances religieuses et coutumières, de la discrimination à l’égard des femmes qui implique une plus grande acceptation de la violence à leur encontre, de la crainte de stigmatisation et d’exclusion, et parfois de menaces pour la vie. »

Exemple du climat de peur : après le meurtre en juillet 2012 de la responsable des affaires féminines de la province de Laghman (à qui Nadia Sidiqi avait succédé) seulement deux femmes ont poussé la porte du bureau de l’institution dans la province. « Cela suggère que les femmes victimes ont eu peur d’être associées à ce bureau et de devenir des cibles », estime le rapport.

 

Image : Georgette Gagnon le 11 décembre 2012

 

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