Accueil Politique Violences de genre : l’ONU face aux traditions

Violences de genre : l’ONU face aux traditions

par La rédaction

 

CSW57_h150A l’ouverture de la 57ème session de la Commission sur le statut de la femme, des participants dénoncent les réticences de certains pays, au nom de la religion, à s’engager dans la lutte contre les violences faites aux femmes.


 

« Il existe une reconnaissance internationale du fait qu’aucune coutume, tradition ou pratique ne peut justifier la moindre forme de violence contre les femmes ». C’est ce que déclarait la directrice adjointe d’ONU Femmes, Lakshmi Puri, avant l’ouverture de la 57ème session de la Commission sur le statut de la femme (Lire : Lutter contre les violences de genre, un objectif de développement). Mais dès les débuts de cette session, qui se tient au siège de l’ONU à New-York, du 4 au 15 mars , cette affirmation n’apparaît plus si évidente.

Selon des diplomates, rapporte l’AFP, plusieurs pays comme le Vatican, l’Iran ou la Russie « s’efforcent d’édulcorer un passage du projet de communiqué final qui affirme que religion, coutumes ou traditions ne peuvent pas servir de prétexte à un gouvernement pour se soustraire à son obligation de lutter contre les violences faites aux femmes. » Ils s’opposent aussi à ce que des relations sexuelles imposées à une femme par son mari ou son compagnon soient considérées comme un viol.

« Le Vatican, les forces religieuses conservatrices aux États-Unis et en Europe, et certains pays catholiques et musulmans se liguent pour empêcher les femmes d’obtenir des droits sexuels », a dénoncé la ministre norvégienne de l’Egalité hommes-femmes. « La violence contre les femmes doit être considérée comme un problème de droits de l’Homme et cela n’a rien à voir avec la culture ou la religion », insiste Inga Marte Thorkildsen qui prédit deux semaines de négociations difficiles.

A l’ouverture de la session, la directrice exécutive d’ONU Femmes, Michelle Bachelet, a rappelé que lors de la Commission dédiée à la lutte contre les violences de genre, en 2003, les États n’étaient pas parvenus à un accord. « Aujourd’hui, nous ne pouvons plus nous permettre des indécisions et des désaccords qui entraveraient à nouveau les progrès des femmes dans le monde », a insisté Michelle Bachelet. 125 pays ont adopté des lois contre la violence domestique.  Mais ils sont encore une soixantaine à ne pas l’avoir fait. Plus de 600 millions de femmes vivent dans des pays où la violence domestique n’est pas considérée comme un crime et où l’impunité reste la norme et non pas l’exception, souligne ONU Femmes.

 

Photo : Discours de Michelle Bachelet lors de l’ouverture de la Commission, le 4 mars à New-York © UN Women/Catianne Tijerina

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3 commentaires

Sosso 6 mars 2013 - 06:11

encore les ravages du relativisme culturel

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maries11@hotmail.fr 7 mars 2013 - 09:15

La Ligue des Droits de l’Homme continue t-elle à etre crédible ? quel est le grand problème de société qu’elle défend ? ou tout simplement,continue t-elle à exister après son appartenance officialisée avec le Parti Socialiste ?

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Jeanne 7 mars 2013 - 09:57

Que fait la Ligue des Droits de L’HOMME ? Rien, il s’agit des droits de l’Homme, comme son nom l’indique. Les femmes et les enfants peuvent toujours attendre.

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