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Violences sexuelles dans l’armée US : la hiérarchie en ligne de mire

par La rédaction
Militaires

Des hauts-gradés lors de leur audition mardi 4 juin. U.S. Army photo by Staff Sgt. Teddy Wade

Nouvelle passe d’armes au Sénat des États-Unis sur les agressions sexuelles dans l’armée, estimées à 26 000 en 2012. Les sénateurs ont mis le haut commandement face à ses responsabilités.


 

Le commandement militaire toujours sur le feu du Sénat des États-Unis. La commission de la Défense a mené, mardi 4 juin, la troisième audition d’un travail sur les violences sexuelles engagé au mois de mars (Voir : Les violences sexuelles dans l’armée U.S. portées au grand jour).

Les membres de la commission du Sénat mettent en cause le manque de volonté de l’armée de prendre en compte la question des viols, dénoncée comme un « fléau ».

26 000 cas en 2012

Les rapports militaires utilisent d’ailleurs le terme de « contacts sexuels non-désirés »… Une terminologie bien floue, « qui peut désigner un regard de travers, tout comme le fait de vous pousser contre un mur et vous violer brutalement », a commenté la présidente de la commission, la démocrate Claire McCaskill. Selon les derniers chiffres publiés en mai par le Pentagone, le nombre de ces « contacts » s’est élevé à 26 000 en 2012, contre 19 000 l’année précédente. Mais moins de 3 500 cas ont été portés en justice.

Les sénateurs appellent les responsables militaires à revoir leur procédure et leur terminologie pour clarifier les situations. Claire McCaskill et plusieurs de ses collègues, démocrates et républicains, défendront prochainement plusieurs propositions de loi pour renforcer la réponse aux violences sexuelles dans l’armée.

Problème(s)

L’une d’elles prévoit de confier aux procureurs des tribunaux militaires, et non aux hauts gradés, comme c’est le cas aujourd’hui, le pouvoir d’engager des poursuites contre des violeurs présumés. C’est ce que font déjà plusieurs pays européens ou Israël, a argué la sénatrice Kirsten Gillibrand. Mais cette option hérisse les hauts gradés, qui y voient un affaiblissement de leur autorité ; un « problème »., juge l’un d’eux. Ce qui lui a valu cette réponse de Claire McCaskill : « Nous sommes confrontés à deux problèmes : le premier est que vous avez des prédateurs sexuels qui commettent des crimes, et le second est que vous devez travailler sur cette question ».

D’autres propositions législatives prévoient d’empêcher les hauts gradés de casser une condamnation pour agression sexuelle ; et de mieux former les personnels travaillant sur ces questions.

 

 

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