Accueil International Violences sexuelles en Haïti, les autorités sont démunies

Violences sexuelles en Haïti, les autorités sont démunies

par Isabelle Germain

Brutalement confrontés à la mort, au manque d’hébergement et de nourriture, les habitants d’Haïti doivent aussi faire face aux viols des femmes contraintes de dormir dehors. Les violeurs, le plus souvent, agissent en bande.


 

Difficile d’avoir des informations précises sur ce phénomène. Sur son ampleur et sur les dispositifs mis en place ou non pour y faire face. Il a fallu attendre plus de deux semaines pour que l’AFP évoque ces violences. « A la faveur du black-out qui sévit sur la capitale d’Haïti, des bandits en profitent pour harceler et violer femmes et jeunes filles réfugiées sous les tentes », indique dans une dépêche Mario Andrésol, directeur de la police haïtienne, le 29 janvier.

Des organisations de femmes de Port-au-Prince auraient  déjà dénombré des cas et alerté des instances de l’ONU en Haïti. Il fallait regarder la télévision espagnole pour en être informé,  et venir en aide à ces femmes, dès les premiers jours suivant le séisme fait remarquer ici Isabelle Alonso.

Mario Andrésol déplore la libération de prisonniers lors de l’effondrement des bâtiments. « Nous avons plus de 7.000 bandits dans les rues qui se sont échappés de la prison centrale le soir du séisme. Nous avions mis cinq ans pour les appréhender, ils sont dans la nature aujourd’hui et vont constituer une source de problèmes ». Problèmes auxquels s’ajoute la baisse des effectifs de police due à la disparition de beaucoup d’entre eux. A peine plus de la moitié des policiers à la région de Port-au-Prince seraient en état de travailler. « Avec un tel effectif, la police haïtienne peine à faire face à ses responsabilités et aux nouvelles formes de criminalité comme le viol et les pillages » explique-t-il.

Circonstance aggravante : bien avant le séisme, Amnesty International avait interpelé le gouvernement Haïtien pour qu’il fasse de la lutte contre le viol une priorité. Fin 2008, un rapport de l’ONG indique que le phénomène atteint « une ampleur stupéfiante » y compris les agressions sexuelles contre les mineures. Pour des raisons culturelles essentiellement, les viols sont très peu dénoncés et condamnés. Avec l’aggravation de la misère consécutive à la catastrophe, « il faut prendre des mesures pour protéger les femmes et les fillettes contre la brutalité et les agressions sexuelles, ce qui était déjà difficile en temps normal», a déclaré Gerardo Ducos, chercheur d’Amnesty International pour Haïti au Toronto Star. L’ONG insiste : « En Haïti, la protection des droits humains doit aller de pair avec les opérations de secours. »

 

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1 commenter

Iris 25 février 2010 - 17:07

Merci pour cet article grave et informé

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