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Contre les violences sexuelles au travail, la lutte minimale

par Arnaud Bihel

Visuel de la Confédération syndicale internationale

Des organisations soulignent les manquements de la loi face aux violences sexuelles sur le lieu de travail. Et les syndicats dénoncent un « recul » de la France à l’échelle internationale.


 

Les violences sexuelles au travail sont un « angle mort » des politiques publiques en France. C’est l’un des points dénoncés ce vendredi 24 novembre par des militantes féministes qui interpellent le chef de l’État : « Contre les violences faites aux femmes, #SoyezauRDV ».

Et c’est un sujet qui émergeait depuis quelques jours déjà. Le 22 novembre, dans un appel adressé à Emmanuel Macron à l’approche de la journée contre les violences faites aux femmes, 50 organisations soumettaient au chef de l’État une série de mesures nécessaires pour mieux lutter contre le sexisme. Et un volet important concerne le cadre du travail.

Pour des formations et négociations obligatoires

Dans un vaste sondage réalisé en 2016, 15% des femmes en France déclaraient avoir subi des attouchements sur leur lieu de travail. Et dans l’enquête VIRAGE menée en 2015 par l’Ined, 128 000 femmes, soit une travailleuse sur 100, disaient avoir été victimes de violences sexuelles (hors attouchements et exhibitionnisme) au cours de l’année écoulée.

Les organisations féministes réclament ainsi « une formation obligatoire de tou·te·s les cadres dirigeant·e·s, services RH et représentant·e·s du personnel ». La loi du 4 août 2014 a en effet institué la formation obligatoire sur les violences faites aux femmes pour de nombreux personnels, mais n’a pas pris en compte le monde de l’entreprise. Elles plaident également pour « l’introduction dans la loi des violences sexistes et sexuelles comme nouveau thème de négociation obligatoire en entreprise » – comme l’est déjà l’égalité professionnelle.

L’appel #1femmesur2, début novembre, formulait déjà ces demandes. Et ce sont des revendications que la CGT a exprimées à son tour le 22 novembre.

La France accusée de reculer sur une norme internationale

Et depuis plusieurs jours, les syndicats français s’en prennent au gouvernement sur un sujet parallèle. En juin 2018, l’Organisation internationale du travail (OIT) se penchera sur l’élaboration d’une norme internationale pour lutter contre le harcèlement et les violences au travail, avec un volet consacré aux violences fondées sur le genre.

Mais selon les syndicats français membres de la Confédération syndicale internationale (CGT, CFDT, CFTC et FO), le gouvernement français refuse « systématiquement toute approche spécifique des violences fondées sur le genre ».

Dans un courrier adressé le 17 novembre au Premier ministre, à la ministre du Travail et à la secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, les syndicats dénoncent un « recul » par rapport à la position prise par la France en 2014. Un recul « bien incompréhensible à l’heure où le Président de la République a chargé le gouvernement de faire de l’égalité entre les femmes et les hommes une grande cause nationale et a annoncé une nouvelle loi sur les violences sexuelles. »

 

 

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