Accueil International Vjosa Osmani, 38 ans, présidente du Kosovo

Vjosa Osmani, 38 ans, présidente du Kosovo

par La rédaction

La nouvelle présidente qui «n’a peur de rien» va devoir redresser l’économie du pays et renouer le dialogue avec la Serbie

Ses premiers messages se sont adressés aux femmes : « Les femmes ont le droit d’être là où elles le veulent », a dit Vjosa Osmani, très émue. « N’arrêtez pas, n’arrêtez pas d’aller de l’avant. Tous vos rêves peuvent devenir réalité ». Elue Présidente de ce petit pays des Balkans dimanche 4 avril, cette jeune professeure de droit polyglotte de 38 ans incarne une nouvelle génération de responsables politiques après les années de règne d’anciens commandants rebelles de la guerre d’indépendance contre les forces serbes (1998-99).

En février dernier avec son allié, le nouveau Premier ministre réformiste de gauche Albin Kurt, elle a obtenu une victoire écrasante aux législatives et a rassemblé sur son nom plus de 300 000 voix. Avec 71 votes de députés sur 120, elle devient officiellement présidente, un poste qu’elle occupait par intérim en remplacement de Hashim Thaçi, inculpé pour crimes de guerre en novembre par la justice internationale.

Alors que la culture patriarcale reste encore très forte dans ce petit pays d’1,8 million d’habitants, le gouvernement compte désormais six femmes ministres sur 15, et un tiers de femmes parmi les 120 députés.

Vjosa Osmani est professeure à l’université de Pristina, et a suivi son doctorat aux Etats-Unis. Elle parle cinq langues : l’albanais, le serbe, l’anglais, le turc et l’espagnol. Mère de deux jumelles, elle chante avec ses filles sur twitter et écrit : « Mes filles sont ma motivation quotidienne et me font croire qu’une maman de jumelles peut tout faire. À travers la voix de #MiriamCani & #AlbanSkenderaj, nous avons chanté #TiJeDhurata pour tous les enfants, qui inspirent à leurs parents le courage de ne jamais abandonner. »

Mais, si elle a été élue, c’est parce qu’elle «n’a peur de rien» disent les médias de son pays. Elle a été l’une des premières à batailler contre la corruption d’élites. Et elle n’a pas hésité à créer son propre mouvement lorsque son parti a pris une trajectoire qui ne lui plaisait pas. Entrée en 2011 au Parlement sous l’étiquette de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK, centre-droit), elle a quitté ce parti lorsque la LDK a provoqué la chute du précédent gouvernement d’Albin Kurti au début de la crise du coronavirus qui menaçait de submerger les services de santé. Elle a alors créé le mouvement Guxo qui signifie « Osez » avant de rejoindre le mouvement Vetevendosje (VV, autodétermination) du Premier ministre.

En prêtant serment, elle a appelé au rassemblement. « Je promets de renforcer l’Etat, l’Etat de droit », a-t-elle dit voulant être la « présidente de tous »« Nous ne sommes pas nombreux, alors ne nous divisons pas. Ma porte sera ouverte à tous. »

La nouvelle présidente promet « la justice et des emplois » alors que le chômage des jeunes atteint 50 % et que le salaire moyen dans le pays est de 500 euros. un Kosovo miné par les maux économiques et sociaux. Elle devra aussi faire face à la pandémie qui a causé 1900 morts et alerte sur la faiblesse du système de santé.

Côté international, l’ancienne province de Belgrade, qui a déclaré son indépendance en 2008, devra rouvrir le dialogue avec la Serbie, sous la pression de l’Union européenne et des Etats-Unis. Mais cela risque d’être compliqué : « La paix ne sera possible qu’après des excuses de la Serbie », affirme la nouvelle présidente.

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