Accueil Sans catégorie Les femmes blanches ont voté en majorité pour Trump. Mais ce sont bien les hommes qui ont fait la différence

Les femmes blanches ont voté en majorité pour Trump. Mais ce sont bien les hommes qui ont fait la différence

par Arnaud Bihel
trump
trump

Meeting de Donald Trump en Pennsylvanie le 21 octobre 2016. Par
Michael Candelori sur Flickr (CC BY 2.0)

Dans l’élection présidentielle aux États-Unis, le vote des femmes n’a pas significativement évolué par rapport aux deux précédents scrutins. En revanche les hommes ont davantage voté pour le candidat républicain.

Le choc de l’élection de Donald Trump n’en finit pas de susciter commentaires et analyses. Parmi ces dernières, celle d’un vaste sondage réalisé pour CNN à la sortie des urnes1. On y observe entre autres que les femmes blanches ont voté en majorité, à 53%, pour Donald Trump. Dans le Huffington Post, Sarah Ruiz-Grossman dit sa « honte » à l’égard de ces femmes blanches que le sexisme du candidat républicain n’a pas dérangées. Sur Slate.com, L.V. Anderson déplore « l’hypocrisie » et le racisme qui ont guidé leur vote.

Mais c’est oublier que cette situation n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs élections présidentielles, les femmes blanches votent en majorité pour le candidat du Parti républicain. Elles étaient plus nombreuses encore, 56%, à voter pour Mitt Romney contre Barack Obama en 2012.

Globalement, le vote des femmes en 2016 n’a pas été significativement différent des deux dernières présidentielles. En 2016, les femmes ont voté Clinton à 54% et Trump à 42%, un écart signifcatif de 12 points. Il était de 11 points entre Obama et Romney en 2012 (55% contre 44%) et de 13 points entre Obama et McCain en 2008.

En 2008 Obama avait la majorité des votes masculins

Hillary Clinton n’a donc pas réussi à faire jouer la « carte femme » pour attirer les électrices. Et ces dernières n’ont pas été rebutées outre mesure par la misogynie exacerbée du candidat républicain. Mais alors, c’est surtout le vote des hommes qui a fait la différence.

Ils ont donné l’avantage à Donald Trump avec le même écart de 12 points, 53% pour Trump, contre 41% pour Clinton (rappelons que si la candidate démocrate s’est inclinée en raison du système de grands électeurs par État, elle a remporté le vote populaire, obtenant la majorité des voix au plan national). En 2008 et 2012, Obama l’avait emporté car l’écart était bien plus faible dans l’électorat masculin.

En 2012, l’avantage en faveur de Romney chez les hommes n’était que de 7 points. En 2008, Obama avait même obtenu la majorité des votes masculins. Plus que le vote des « femmes blanches », c’est donc bien l’évolution de celui des hommes – qu’ils soient blancs, noirs ou latinos – en faveur de Trump qui s’est avéré significatif.

 

Lire aussi :

Trump, la haine et la misogynie au pouvoir (Éditorial)

Le droit à l’avortement sous la menace de Trump

Au Congrès des États-Unis, toujours moins de 20% de femmes

 


1/ Un tel sondage reste évidemment sujet à caution. Et la présente analyse est forcément partielle dans la mesure où elle ne s’attarde que sur les genre des personnes interrogées.

 

Partager cet article

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

5 commentaires

5 commentaires

Hélène 10 novembre 2016 - 11:09

Du besoin de féminisme.
Et du plus grand besoin encore qu’il soit INTERSECTIONNEL.

Répondre
Choum_ 10 novembre 2016 - 16:49

Merci pour cet article intéressant, je tique néanmoins sur la dernière phrase, « c’est donc bien l’évolution de celui des hommes – qu’ils soient blancs, noirs ou latinos – en faveur de Trump qui s’est avéré significatif. »
Je suis étonnée de lire cela sachant que d’après les statistiques que j’ai pu voir ce sont quasiment uniquement les blancs (femmes et hommes) qui ont voté pour Trump, du coup cette assertion me gêne, je pense qu’elle gagnerait à être étayée par quelques chiffres…

Répondre
flo 10 novembre 2016 - 17:33

Le résultat de ces élections est certainement la convergence de beaucoup de peurs, pas forcément les mêmes selon le genre et la couleur des votants… la peur de la mondialisation, partagée par tous les américains, hommes, femmes, blancs, noirs, latinos… la peur des immigrés, partagée par les américains blancs, hommes et femmes, la peur de la féminisation de la société (incarnée par Clinton), partagée par beaucoup d’hommes blancs, noirs, latinos, et les femmes de la droite conservatrice, la peur de l’homme Trump, partagée par beaucoup de femmes, quelle que soit leur couleur… Au final, toutes peurs confondues, ce sont les hommes blancs qui ont eu le plus la trouille… et ils ont voté pour l’exorciste…

Répondre
CHS 10 novembre 2016 - 20:08

Les commentateurs parlent de la colère des américains pour expliquer leur vote pour ce délinquant sexuel dégénéré, raciste, évadé fiscal, en plus semble-t-il un vote minoritaire en nombre d’électeurs et d’électrices.

Et la colère des innombrables victimes (dont je suis) d’agressions sexuelles et/ou de viol, victimes auxquelles les votants pour ce trouduc viennent de mettre un gigantesque coup de pied au cul mode « ta gueule, la politique c’est sérieux, tes histoires de chatte tout le monde s’en fout » ? On en parle, de cette colère là ?

Moi par exemple, je ne suis plus qu’un tas de haine brûlante envers les ordures et les collabos mâles et femelles qui ont voé pour ça. Je me sens sale à nouveau, pareil. J’ai besoin à nouveau de m’ébouillanter sous des douches à la limites du supportable pour nettoyer ces souillures. Ça m’avait passé pourtant, j’allais mieux.

J’espère que je me remettrai de ce sympathique message que m’adressent ces américains plus vite que de ce que mes organes génitaux ont subi, mais la résilience finit par avoir des imites.

Répondre
ArianeN 11 novembre 2016 - 11:37

Dans quelle mesure peut-on croire les sondages apès le vote, sachant à quel point ceux qui ont précédé étaient loin de la réalité?

Répondre

Laisser un commentaire