Accueil Médias Vu de Suède, réveillon en terre inconnue sur France 2

Vu de Suède, réveillon en terre inconnue sur France 2

par Isabelle Germain

Récit d’une invraisemblable soirée télé par le journaliste Robert Aschberg dans le journal suédois Aftonbladet.


 

Le journaliste suédois n’en revient pas. Installé devant son poste de télévision sur France 2, Robert Aschberg semble avoir pris un « rendez-vous en terre inconnue » – comme dirait une autre émission de la chaîne de service public – le 31 décembre dernier. Dans le journal suédois Aftonbladet, repris par Courrier international, il raconte comment il a convaincu son épouse, qui voulait changer de chaîne, de « tenir bon » pour s’imprégner de tous les détails.

Il décrit l’animateur du « plus grand cabaret du monde », Patrick Sébastien, « fidèle à son goût de la chair fraîche » ouvrant « le spectacle au milieu d’un cortège de filles aux seins nus arborant bas résille, plumes au derrière et panache écarlate sur la tête ». Puis cette émission qu’il veut dédier à celles qu’il appelle « mes filles », ses invitées venues parler de leurs activités respectives entre deux numéros. Même le directeur de la chaîne se prête au jeu et vient présenter ses vœux au milieu des filles décoratives.

Et le journaliste suédois d’en tirer deux conclusions : « La première est que la Suède est en comparaison un pays égalitaire, comme en témoignent nos émissions de télévision, respectueuses des deux sexes. La seconde est que ce que l’on appelle le “service public” est un concept fourre-tout qui n’oblige à rien et dans lequel on met ce que l’on veut. »

 

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10 commentaires

taranis 6 janvier 2014 - 11:13

En repoussant toujours plus loin les limites de ce qui est moralement acceptable, les médias normalisent les rôles de genre sexistes, la violence sexuelle. Les médias encouragent les jeunes filles à l’hypersexualisation, à se voir comme des objets de désirs masculins. Pour avoir une idée juste du niveau de mépris et d’exploitation des femmes, il faut voir cette vidéo, qui montre dans un bar des femmes nues à quatre pattes que les clients peuvent tripoter à volonté et dont le dos sert de table pour poser leurs consommations. Personne ne semble s’inquiéter des valeurs et des comportements qu’une telle transformation des femmes en simples objets induisent chez les jeunes, soit le sexisme et la misogynie chez les garçons et le manque d’estime de soi de la part des filles. Qui a intérêt à nous faire croire qu’il est naturel ou nécessaire pour la stabilité sociale de traiter un autre être humain comme une simple marchandise

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flo 7 janvier 2014 - 13:31

Quel est le spectacle le plus affligeant ? Celui de Patrick Sébastien le 31 décembre ou celui de la lecture de l’organigramme de France Télévision ? Pour les hommes c’est tous les jours la fête chez France Télévision !!!

Président : Rémy Pflimlin
Directions générales déléguées et adjointes :
Patrice Papet, directeur général délégué à l’organisation, aux ressources humaines et à la communication interne.
Martin Adjari, directeur général délégué à la gestion, aux finances et aux moyens.
Bruno Patino, directeur général délégué au développement numérique et à la stratégie et directeur de France 5
Emmanuelle Guilbart, directrice générale déléguée aux programmes et directrice de France 4.
Daniel Bilalian directeur général adjoint chargé des sports.
Directions de chaînes :
Jean Réveillon, directeur de France 2
François Guilbeau, directeur de France 3
Emmanuelle Guilbart, directrice de France 4
Bruno Patino, directeur de France 5
Claude Esclatine, directeur d’Outre-Mer 1ère et de France Ô.
Yann Chapellon, directeur de la diversification et du développement des recettes et président-directeur général de FTD.
Christian Vion, directeur général adjoint à la fabrication, aux technologies, et aux développements numériques.

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Flora T 7 janvier 2014 - 21:06

En 2013 la tv suédoise a diffusé régulièrement une émission tv danoise : 2 hommes assis et habillés commentaient le physique d’une femme nue devant eux…(Voir Courrier international…)

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Flora T 7 janvier 2014 - 21:47

Un spectacle de cabaret choque ce monsieur, mais dans son pays, la Suède, l’allaitement maternel est pratiquement obligatoire, quel respect de de la liberté des femmes !

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flo 8 janvier 2014 - 06:56

[quote name= »Flora T »]Un spectacle de cabaret choque ce monsieur, mais dans son pays, la Suède, l’allaitement maternel est pratiquement obligatoire, quel respect de de la liberté des femmes ![/quote
Recommandations, voire incitation à l’allaitement, ne sont pas force de loi ! Les suédoises ne sont pas passibles de prison si elles donnent le biberon que je sache !

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Flora T 9 janvier 2014 - 20:08

L’émission sexiste ne vous intéresse pas. Vous savez, beaucoup de feministes le savent, il n’y a pas toujours besoin de loi pour peser sur la vie des femmes….

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taranis 10 janvier 2014 - 12:34

Que nos seins soient sans cesse vus de manière sexuelle n’est pas dû à un fait de nature mais au fait que les femmes sont toujours représentées comme des objets disponibles sexuellement. C’est ce qui transparaît à travers le matraquage de la publicité : à côté d’une photo de yaourt ou d’une bagnole, se trouve une femme aux seins blancs, ronds et fermes, censés correspondre aux désirs des hommes.La cohorte de tous ceux qui, publiquement du moins et dans les lieux bien pensants, vouent la femme aux gémonies. Soit par un dépit qu’ils n’ont pas eu le courage de transcender, perdant confiance ainsi en toute femme déclarée alors instrument du diable soit également par hypocrisie pour avoir trop souvent et péremptoirement proclamé contre le sexe féminin un mépris qu’ils s’efforcent d’assumer aux yeux de la société dont ils ont extorqué l’admiration par la fausse vertu. Tous nuitamment échouent dans les lupanars de manière répétée . La prostitution est désormais considérée comme une dépense légitime pour les hommes d’affaires ; des directeurs de banque peuvent mettre sur leurs notes de frais des visites dans les établissements de lap dancing.Dans ces clubs de danseuses, il est maintenant légalement possible, et socialement très accepté, de toucher les seins, les fesses, les jambes et les bras, c’est-à-dire la presque totalité du corps de ces femmes, à l’exception de leur partie génitale. Cette légalisation a entraîné de graves conséquences pour les « danseuses » en plus d’entraîner d’énormes transformations quant aux conditions de travail. Les « danseuses » sont dorénavant exposées quotidiennement à la violence sexuelle : elles se font embrasser, « lécher » « sucer » les seins, toucher les parties génitales, mordre, griffer, gifler, etc. Cette violence est pourtant banalisée, normalisée et comprise comme faisant partie du métier. La Suède entend ainsi poser une norme : il est interdit d’acheter le corps d’autrui, même avec son consentement.

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taranis 10 janvier 2014 - 12:34

La Suède figure dans le peloton de tête en matière d’égalité des genres. Elle occupe notamment le troisième rang mondial du point de vue de la représentation des femmes en politique, et figure parmi les pays où l’indice des inégalités, en général, est le moins élevé. Pourtant, dans cette contrée proche du paradis égalitaire, les femmes occupent encore la majorité des métiers dits traditionnels : infirmières, institutrices, pourvoyeuses de soins aux enfants et aux aînés. Ici, personne ne vous dira que l’égalité est atteinte. Beaucoup de progrès, ont été fait mais les hommes et les femmes ne sont pas encore égaux. Ces inégalités, nous familières, sont entre autre, la violence contre les femmes, la prostitution, la sexualisation de l’espace public et l’équité salariale, sur laquelle la Suède a légiféré en 1979, mais qui n’est pas encore réalisée. Mais en Scandinavie, on ne légifère pas sur l’égalité pour réparer une injustice à l’égard des femmes, mais plutôt pour incarner un principe démocratique. Ce mouvement intègre donc les hommes, touchés par l’égalité en tant que principe. Cette vision inclusive a porté ses fruits dans le domaine de la parentalité. Depuis presque 40 ans, en Suède, s’occuper des enfants est l’affaire des deux sexes. L’État a développé le concept du « duo de pourvoyeurs », selon lequel l’un prend soin des enfants et de la maison, pendant que l’autre rapporte un salaire. Et ces rôles sont interchangeables, ce qui responsabilise les hommes et leur donne la possibilité de « paterner » leurs enfants, de développer une expertise concernant les affaires de la famille, l’éducation des enfants, etc. Ces mesures vont loin, car le père qui ne prend pas son congé de paternité perd les compensations financières assorties à son statut. Le but est que les deux, homme et femme, puissent développer les mêmes compétences à égalité

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flo 11 janvier 2014 - 07:56

« Flora T »
L’émission sexiste ne vous intéresse pas. Vous savez, beaucoup de feministes le savent, il n’y a pas toujours besoin de loi pour peser sur la vie des femmes….

Je suis éminemment, intrinsèquement et définitivement féministe. Mais beaucoup de comportements féminins m’exaspèrent ! En particulier celui de certaines de mes amies qui se plaignent à longueur de temps du comportement de leur compagnon en matière de partage des tâches domestiques par exemple, sans jamais remettre en question le leur. La question est : y a t-il une LOI qui les oblige à se taper tout le ménage pendant que monsieur joue à la gameboy ? qu’est ce qui « pèse » tant sur la vie des femmes ? les traditions ? la routine ? le regard de la belle-mère ? Et si on essayait un peu de réfléchir de temps en temps ?

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taranis 11 janvier 2014 - 12:25

C’est la chaîne publique danoise DR2 ( captée en Suède) qui a diffusé une émission dans laquelle deux hommes s’amusaient à juger l’anatomie de femmes en tenue d’Eve qui se tenaient debout devant eux sur le plateau. Mais l’émission n’était pas conçue pour durer et pouvait d’une certaine manière être qualifiée de culturelle – il ne s’agissait pas, comme ici, d’une émission de divertissement récurrente et grand public C’est certes très navrant mais il faut rétablir la vérité, l’initiative n’est pas suédoise, le Danemark est par ailleurs le seul pays scandinave réglementariste du « marché » sexuel et exploite pour leur « besoins » les jeunes femmes venues des pays baltes ou s’alimente ailleurs, les filières ne manquent pas. Le concept qui ciblait un public particulier de voyeurs et pornographes, n’a pas perduré….
Comme féministe, nous sommes habituées d’avoir une relation compliquée avec la culture populaire Des filles seins nus autour d’un homme : personne ne voit aucun problème avec ça. Nous sommes habitués. C’est normal. Par contre, on critique sévèrement des militantes…la nudité des FEMEN devient soudainement insupportable et surtout « vide» : elle ne sert à rien… La morale alors : pour être acceptée, la nudité doit être sexuelle et si elle est exhibée autour d’un homme narcissique, ça ne fait pas de mal… Ça, c’est une nudité qui sert !! Après, on nous dira que nous sommes bien traitées et que nous ne vivons pas dans une société patriarcale… Et pour mon verdict tout personnel sur l’avenir des Bye Bye de l’année écoulée? Je pense que ça vaudrait la peine de confier la tâche à une nouvelle équipe. Et il pourrait y avoir, dès le début du processus de création, un souci de représenter adéquatement la société Pourquoi pas arriver à une émission pour une fois,qui pourrait être drôle, critique, inclusif, et (je rêve) exempt de sexisme, de racisme, d’homophobie, de transphobie et de grossophobie. On est capable de produire mieux que ça.

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