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Woman at war, un conte islandais pour défendre la terre

Woman at war, un conte islandais pour défendre la terre

par Isabelle Germain

En salle le 4 juillet, Woman at war est une sorte de conte écologique porté par une actrice tour à tour guerrière, prof de chant, mère adoptive. Un rôle rare pour une quinqua.

Seule contre l’industrialisation qui détruit la planète. Halla, la cinquantaine, traverse au pas de course les sublimes paysages islandais, arc à l’épaule pour aller détruire les lignes haute tension qui alimentent une usine. Après avoir échappé aux hélicoptères remplis de policiers, dézingué des drones, rampé dans la boue ou traversé des rivières gelées, elle redevient une enthousiaste prof de chant.  Quand la situation se tend, un petit orchestre apparaît autour de l’héroïne pour adoucir ou dramatiser une histoire qui repart de plus belle. Halla, en même temps, avance dans un processus d’adoption d’une petite fille ukrainienne mais veut faire plier le gouvernement avec ses attaques -qui ne font que des dégâts matériels. Et les deux histoires se rejoignent pour servir un message écolo.

Woman at war est porté par l’actrice Halldóra Geirharðsdóttir qui joue plusieurs rôles à la fois : celui d’Hella et son double jeu mais aussi celui de sa sœur jumelle, très différente d’elle et complice. Le film est à la fois haletant et drôle. Inclassable, ni thriller, ni comédie, ni vraiment drame, plutôt un conte écologique. Un flou revendiqué :  « Il n’y a pas de sexe, et pas de sang », s’amuse le réalisateur islandais Benedikt Erlingsson, qui signe son deuxième long-métrage après Des chevaux et des hommes, sorti en 2013, qui avait reçu une vingtaine de récompenses. Woman at war a déjà  reçu au dernier festival de Cannes le Prix SACD (Meilleur Scénario) et le Prix du Public à la Semaine de la Critique 2018.

Woman at war est non seulement un très beau film, mais il passe haut la main le test de Bechedel (voir Cinéma trop macho ? 4000 films au crible du test de Bechdel) Il remplit largement les trois critères : au moins deux personnages féminins, qui parlent ensemble, et d’autre chose que d’un homme. Un modèle rare encore au cinéma qui propose peu de rôles pour les femmes de plus de 50 ans et très peu de rôles dans lesquels les femmes sont actrices de leur propre vie et pas seulement faire-valoir de héros masculins.

Woman at war, de Benedikt Erlingsson (Kona Fer, Islande, 1h41). Sortie le 4 juillet 2018.

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