« Ramenez nos filles », mobilisation grandissante pour les lycéennes nigérianes

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Photo : Malalafund.org

Trois semaines après l’enlèvement au Nigéria de plus de 200 lycéennes par Boko Haram, les pressions pour les retrouver s’accentuent, dans le pays et au-delà. Rassemblement ce lundi soir à Paris.


 

Elles voulaient devenir professeures, médecins, avocates. C’est pour cela qu’elles étaient retournées dans ce pensionnat de Chibok, dans le nord du Nigéria, une région reculée en proie aux conflits. Un peu plus tôt dans l’année, le lycée avait fermé ses portes, par crainte des représailles des groupes armés qui sévissent dans la région. Ces mêmes groupes armés qui ont détruit cinquante écoles rien que l’année dernière. Qu’importe, elles voulaient être professeurs, médecins, avocates. Sont revenues pour passer leurs examens, donc. Mais à l’aube du 15 avril, un raid a arraché 276 jeunes filles à leurs familles.

Trois semaines plus tard, ce lundi 5 mai, l’attaque a été revendiquée par la secte islamiste Boko Haram, sur laquelle tous les soupçons se portaient déjà. Un mouvement dont le nom signifie « l’éducation de l’Occident est impure ». Si une cinquantaine de lycéennes ont réussi à s’enfuir (deux d’entre elles témoignent dans le magazine Punch), plus de 200 seraient encore aux mains de leurs ravisseurs.

Mobilisation internationale

Depuis 3 semaines, la colère grandit au Nigéria face à l’apparente incapacité du gouvernement à résoudre cette crise, et ne serait-ce qu’à donner des informations sur son action. Des rassemblements quotidiens ont désormais lieu dans la capitale Abuja. Dimanche 4 mai, le président nigérian Goodluck Jonathan sortait de son silence pour affirmer son engagement. Tout en assurant avoir demandé de l’aide aux Etats-Unis, mais aussi à d’autres pays, dont la France, pour faire face aux « problèmes de sécurité » auxquels il est confronté (car Boko Haram est aussi tenu pour responsable de récents attentats à la bombe dans la capitale). C’est que la pression s’est aussi, entre temps, accentuée à l’étranger.

276 fillettes portées disparues, c’est plus que le nombre de passagers du vol Malaysian Airline, rappellait samedi 3 mai l’influent éditorialiste du New-York Times Nicholas Kristof. Le même jour, le secrétaire d’état américain John Kerry promettait l’aide des États-Unis dans les recherches : « Le kidnapping de centaines d’enfants par Boko Haram est un crime inqualifiable, et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider le gouvernement nigérian à ramener ces jeunes femmes à leurs familles et à traduire les coupables en justice. »

« Si ces écolières ne sont pas secourues, plus aucun parent n’autorisera sa fille à aller étudier »

Et dans le monde entier les messages de soutien et les appels à l’action se multiplient, comme sur Twitter sous le hashtag #bringbackourgirls, « ramenez-nous nos filles ». Cette semaine, des dizaines de rassemblements sont prévus devant les ambassades du Nigéria un peu partout dans le monde. En France, ce sera ce lundi 5 mai à 19h à Paris.

« Ramenez-nous nos filles », c’est aussi le cri d’alerte lancé dans les pétitions qui fleurissent un peu partout, du site de la Maison Blanche à change.org. « Ces écolières sont mes soeurs », renchérit Malala Yousafzai depuis Londres, où elle se remet de l’attaque des talibans qui lui avaient tiré dessus parce qu’elle défendait le droit des filles à étudier (voir aussi « Malala Yousafzai sous les projecteurs »). Et c’est bien là le problème. On tire sur des fillettes de 15 ans, on lance de l’acide sur le visage des écolières, et on enlève en toute impunité des centaines de lycéennes. Le meilleur moyen de combattre l’extrémisme est l’accès à l’éducation pour tous, et cela passe par le fait d’assurer la sécurité des jeunes filles, partout dans le monde, qui ont le courage de défier l’obscurantisme pour s’asseoir sur les bancs de l’école. « Si ces écolières ne sont pas secourues, plus aucun parent n’autorisera sa fille à aller étudier », prévient Hadiza Bala Usman, organisatrice des marches de soutien au Nigéria.

 

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