Face à la montée des mouvements masculinistes en France, quatre hommes engagés ont lancé un appel fort au Sénat : la neutralité des hommes face aux violences sexistes et sexuelles n’est plus tenable. Se taire, c’est cautionner

Lors d’une table ronde organisée par la délégation aux droits des femmes au Sénat mardi 24 février, dans le cadre des travaux sur la « Montée en puissance des mouvements masculinistes en France » quatre hommes se sont exprimés : Bruno Solo, réalisateur, producteur, comédien ; Thomas Piet, romancier et auteur jeunesse ; Gilles Lazimi, médecin, membre du Haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes (HCE) ; Pierre-Yves Ginet, journaliste, membre du HCE.
Les quatre font parti des rares hommes engagés de longue date avec les féministes.
Fin de la neutralité bienveillante
Cette nouvelle tribune marche dans les pas de celle d’ONU Femmes France publiée le 25 novembre dernier lors de la Journée internationale pour l’élimination des violences. Intitulé « Le silence des hommes doit cesser », le texte portait la voix de ces hommes qui veulent « rompre avec l’inaction masculine. » Car le silence face aux violences vaut approbation. « Ne rien faire, c’est laisser faire. » Ces hommes appelaient à ne rien laisser passer. Jamais. Même pas la petite blague sexiste qui banalise et ouvre la porte à d’autres violences.
Au lendemain de cette table ronde, Pierre-Yves Ginet écrit sur Linked In : « Et tous, nous étions d’accord sur un point : en tant qu’hommes, compte tenu de la montée des pensées misogynes et des mouvements masculinistes, ne rien faire, ne pas se positionner clairement, ‘rester neutres’, silencieux, c’est aujourd’hui se situer dans l’autre camp — ou encourager l’autre camp à prospérer. »
S’engager tous azimuts
Les médias ont essentiellement retenu les discours de Bruno Solo. Sa présence dans le combat contre l’indifférence des hommes est très précieuse. Sa notoriété permet de sensibiliser plus largement les hommes. A la question de la sénatrice Olivia Richard « vous êtes minoritaires [les hommes] y-a-t-il une façon de changer ça ? La réponse de Bruno Solo fuse : « continuer à se bagarrer, continuer à essayer de convaincre… la prochaine pièce que je vais jouer abordera ces thèmes » Il fait des lectures publiques de livres féministes et sait qu’il a la chance d’attirer les médias. « Le fameux colibri » … Il faut continuer « à force de sueur et de sang… »
Vidéo ici : https://videos.senat.fr/video.5701750_699d8b29c7ae7.violences-faites-aux-femmes–paroles-dhommes-engages
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