Les femmes avancent à pas de fourmi vers les sommets de la finance mondiale. Le Gender Balance Index 2026 de l’OMFIF montre que le pouvoir reste très largement masculin.
Selon le Gender Balance Index 2026 publié par l’OMFIF, la présence des femmes dans les postes de direction du secteur financier continue d’augmenter. Mais très lentement. Et sans remettre en cause l’essentiel : les hommes restent largement majoritaires aux postes où se prennent les décisions et où se concentrent le pouvoir et les revenus.
L’étude, qui observe plus de 300 institutions financières dans le monde, banques centrales, banques commerciales, fonds de pension et fonds souverains, dresse un constat nuancé. D’un côté, les femmes gagnent du terrain. De l’autre, les progrès restent fragiles, inégaux et encore très loin de la parité.
Progression réelle, mais très limitée
En 2026, la part des femmes dans les postes de direction atteint 19%, contre 16% l’année précédente. Une hausse qui souligne l’ampleur du retard accumulé.
Car derrière cette progression se cache un déséquilibre persistant. Les femmes restent minoritaires dans les fonctions où se concentrent le pouvoir de décision, les budgets et les trajectoires de carrière les plus prestigieuses. Le secteur financier continue de reproduire une hiérarchie largement masculine.
L’OMFIF note aussi que les femmes n’occupent que 26% des fonctions génératrices de revenus, un vivier pourtant décisif pour accéder aux plus hautes responsabilités. Autrement dit, l’inégalité ne se joue pas seulement au sommet : elle se construit bien en amont, dans l’accès aux postes les plus stratégiques.
Les fonds souverains en avance
Tous les segments de la finance ne sont pas logés à la même enseigne. Les banques centrales apparaissent comme les meilleures élèves, avec une féminisation plus avancée de leurs équipes dirigeantes. À l’opposé, les banques commerciales accusent un retard persistant : très peu sont dirigées par des femmes. Les fonds souverains enregistrent des progrès, tandis que les fonds de pension montrent des signes de recul.
La géographie de la parité est contrastée. L’Asie-Pacifique reste la région la plus marquée par un déséquilibre. L’Amérique du Nord tire la progression globale, notamment grâce à certaines institutions publiques. Mais cette avance pourrait être fragilisée par le recul des politiques de diversité, d’équité et d’inclusion dans plusieurs organisations.
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Une parité encore loin d’être acquise
L’édition 2026 rappelle un autre fait majeur : la parité reste l’exception. En 2025, seuls 1% des établissements suivis atteignaient un score de parité parfait de 100. Le secteur financier affiche volontiers des ambitions en matière de diversité, mais les transformations profondes tardent à se concrétiser.
Au cœur du problème, des obstacles structurels bien identifiés. Le vivier de talents féminins reste insuffisant dans les postes intermédiaires qui mènent aux fonctions de direction. Les contraintes organisationnelles – horaires extensifs, exigences de disponibilité, difficulté à concilier carrière et vie familiale – continuent de peser davantage sur les femmes. À cela s’ajoute un plafond de verre toujours actif : à compétences égales, l’accès aux plus hautes responsabilités demeure inégal.
Activer des leviers structurels
Dans ces conditions, la parité ne sera pas atteinte avant plusieurs décennies si le rythme actuel se maintient. Le rapport appelle à des mesures plus volontaristes : développement des parcours féminins, transparence accrue dans les nominations, objectifs chiffrés et transformation des cultures managériales.
Le Gender Balance Index 2026 envoie ainsi un signal clair : les progrès existent, mais ils restent fragiles et insuffisants. Tant que les leviers structurels ne seront pas activés avec détermination, les hommes continueront de tenir les cordons de la bourse.

