Meta a refusé des messages de promotion d’une adaptation théâtrale de Une chambre à soi de Virginia Woolf. Enième épisode d’invisibilisation « d’avancées qui ont mis des siècles à se concrétiser »… Pendant que des contenus bouffis d’incitation à la haine des femmes prospèrent.
Les réseaux sociaux de Meta, -Facebook et Instagram-ont toujours la modération sélective. Ils viennent d’empêcher un théâtre local de Barcelone de promouvoir une adaptation de Une chambre à soi de Virginia Woolf. Raison invoquée : celle-ci enfreignait une règle relative à la promotion de « sujets de société » explique le Guardian.
Invisibilisation du féminisme
« Une chambre à soi », est l’ouvrage de la légendaire autrice et féministe anglaise Virginia Woolf. Publié pour la première fois en 1929, il se base sur plusieurs conférences que celle-ci a données en octobre 1928, sur la place des écrivaines dans l’histoire de la littérature. Et se penche sur les facteurs qui ont entravé l’accession des femmes à l’éducation, à la production littéraire et au succès. Une référence féministe majeure.
Entraves automatisées
Selon le Teatre Raval, les publications promotionnelles prévues pour le spectacle ont été bloquées à la fois sur Instagram et sur Facebook, probablement par un système automatisé de modération des contenus.
Après avoir contacté Meta pour savoir pourquoi la campagne promotionnelle avait été supprimée, l’entreprise a répondu que « toute mention des droits civiques, du féminisme ou de la réforme sociale est généralement classée comme « sujet de société » par notre système automatique », et donc rejetée.
Flou…
Selon le Guardian, l’entreprise a ensuite recommandé de manière énigmatique au Teatre Raval de supprimer les « mots-clés » liés à l’activisme social, afin que la campagne promotionnelle puisse passer la censure automatisée. Sans avoir vraiment expliqué ce que son système de modération contestait exactement.
« Nous ne savons pas si la publicité a été rejetée à cause du nom de Virginia Woolf ou à cause du mot “féminisme”, ou les deux », a déclaré Clara Sanchis, qui joue ce seule-en-scène, au journal espagnol La Vanguardia, repris par The Guardian.
« Effacer des avancées qui ont mis des siècles à se concrétiser »
« Quoi qu’il en soit, c’est une façon d’effacer de la carte des avancées qui ont mis des siècles à se concrétiser », a poursuivi Clara Sanchis. « Nous avons donné aux réseaux sociaux un pouvoir illimité et nous constatons chaque jour à quel point cela est dangereux. C’est du parti pris et de la manipulation. »
Suite à l’article publié par le quotidien britannique. Un porte-parole de Meta a envoyé un correctif : « Cette publicité a été supprimée par erreur et rapidement rétablie. Elle est en ligne et fonctionne normalement. »
En dépit de cette réponse isolée, les algorithmes continuent de propager le sexisme. La tentative d’invisibilisation de l’œuvre de Woolf est un énième épisode de réseaux sociaux qui boutent le féminisme hors de la vue des internautes tandis que les contenus misogynes se répandent de plus en plus largement. Les contenus pédo-criminels et les appels à la haine des femmes prospèrent toujours. Nous le racontons régulièrement. Lire :
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