En 2025, 111 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France, selon l’étude annuelle du ministère de l’Intérieur. Un chiffre en hausse de 4% sur un an.
L’étude nationale sur les morts violentes au sein du couple en 2025, réalisée par la Délégation aux victimes du ministère de l’Intérieur recense 136 morts violentes au sein du couple en 2025 : 111 femmes et 25 hommes. Le nombre global de décès recule très légèrement (-1% par rapport aux 138 cas de 2024), mais celui des femmes augmente de 4%, après 107 victimes en 2024.
En moyenne, une femme a donc été tuée par son conjoint ou ex-conjoint tous les trois jours en 2025. Les femmes représentent 82% des victimes de morts violentes au sein du couple.
Des violences signalées
L’étude confirme plusieurs circonstances récurrentes : dans 76% des cas, les faits ont été commis au domicile du couple, de la victime ou de l’auteur. Une dispute précède le passage à l’acte dans 26% des cas, et une séparation non acceptée dans 22% des cas.
Surtout, 37% des femmes tuées avaient déjà subi des violences antérieures. Parmi elles, 61% avaient signalé ces violences aux forces de l’ordre, et 88% de celles qui avaient signalé avaient déposé plainte. L’étude recense également 435 tentatives d’homicide au sein du couple en 2025.
Parmi les 25 hommes tués en 2025 20% d’entre eux -cinq hommes- avaient déjà subi des violences de la part de leur partenaire. Deux avaient déposé plainte, trois avaient donné lieu à une intervention à domicile.
D’autres chiffres
Le chiffre officiel de 111 femmes se limite aux morts violentes au sein du couple. Le collectif Féminicides par compagnons ou ex dénombre pour sa part 98 féminicides conjugaux en 2025, tandis que Nous Toutes, qui utilise un périmètre plus large, en recense 171. Dans une réaction rapportée par L’Humanité, Nous Toutes estime que le bilan officiel sous-estime la réalité et dénonce un « choix politique ».
« Une priorité absolue »
Dans un communiqué publié le 15 octobre, la Fondation des Femmes juge le bilan « tragique » et estime qu’il est impossible de « se résigner » à cette nouvelle hausse, qu’elle dit avoir anticipée dès décembre 2025. « Derrière chacune de ces morts, il y a une vie volée, des proches et des familles dévastées », écrit l’organisation.
Elle dénonce un manque persistant de moyens alloués par l’État, à la fois pour permettre aux institutions d’assurer « leur rôle de protection et de soin » et pour soutenir les associations qui accueillent les femmes et les enfants victimes. « Ces associations sont à bout de souffle », affirme la Fondation des Femmes.
Elle s’appuie sur son baromètre des associations féministes, publié en septembre : 40% des associations interrogées déclarent avoir dû refuser des bénéficiaires. « On ne peut pas demander aux femmes de parler, de signaler les violences et de chercher de l’aide, sans donner à celles qui les accueillent les moyens de leur répondre », alerte l’organisation.
La Fondation des Femmes reconnaît l’existence de dispositifs récents, dont l’aide universelle d’urgence de protection, mais estime qu’ils « ne remplacent pas les professionnelles qui écoutent, accompagnent et aident les femmes à se mettre en sécurité ». Elle demande des solutions d’hébergement adaptées, une politique cohérente et des financements pérennes.
« La protection des femmes ne peut pas être une variable d’ajustement budgétaire », prévient-elle.
Lire aussi dans Les Nouvelles News :
Les VSS en hausse : l’alerte de l’Observatoire national des violences faites aux femmes
Hausse des féminicides : 122 hommes ont tué leur compagne ou ex en 2021
Féminicides en hausse et réaction politique
Anne-Cécile Mailfert : « A moyens constants, la violence sexiste ne reculera pas»

