Après la rencontre à Matignon, un jeune représentant lycéen a coupé la parole à sa camarade, comme un vieux briscard de la politique.
Le 26 octobre dernier, à la sortie d’une réunion à l’Hôtel de Matignon sur la rénovation des lycées et la réforme de Parcoursup, les organisations lycéennes ont fait un point presse devant les caméras. Une séquence, filmée et partagée par franceinfo, a rapidement enflammé les réseaux sociaux.
Alors que Julia Kudada, secrétaire générale de l’organisation « Les Lycéens ! », prenait la parole pour porter la voix des élèves, le vice-président du syndicat, Louis Letoublon, l’a interrompue pour s’engager dans un long discours.
La jeunesse n’immunise pas contre le sexisme ordinaire
De nombreuses personnalités politiques et militantes s’en sont indignées, regrettant que la domination discursive masculine ne s’arrête pas avec la vieille garde politique.
Audrey Pulvar, adjointe au maire de Paris, a ainsi pointé un « cas d’école » : « Wow, le level de manrupting… un cas d’école, qui n’attend pas le nombre des années. Fatigue. » a-t-elle écrit sur X.
Même tonalité chez la sénatrice Laurence Rossignol : « Le manterrupting, une pratique qui transcende les clivages générationnels… »
L’adjointe au maire de Paris, Gabrielle Siry-Houari a, quant à elle, ironisé sur l’empressement du jeune homme à s’imposer avec un sujet sans intérêt : « Surtout pour parler de « prêt de la caisse des dépôts à taux préférentiel », le cœur du sujet bien sûr stoooooop ».
Le manterrupting persiste
Ce comportement porte un nom formalisé par la journaliste et autrice américaine Jessica Bennett : le manterrupting (contraction de man et interrupting). Il désigne la tendance quasi systématique des hommes à interrompre inutilement ou préemptivement les femmes lorsqu’elles prennent la parole dans l’espace public, en réunion ou sur les plateaux de télévision.
Un phénomène qui n’est pas réservé aux anciens malgré les discours sur la déconstruction et l’égalité des sexes largement portés par la Jeunesse.

