L’artiste espagnol Javier Krahe est poursuivi par une association catholique pour un film de 1978 moquant le Christ. « Si je suis condamné, je m’exilerai en France », annonce-t-il.
Le blasphème a beau ne plus faire partie du vocabulaire de l’ONU, il reste dangereux de se moquer des religions. Et pas seulement de l’Islam. Après l’exemple des féministes punk de Pussy Riot en Russie, c’est en Espagne qu’un artiste se voit poursuivi en justice pour avoir moqué la religion chrétienne.
Le chanteur espagnol Javier Krahe était jugé lundi 28 mai à Madrid pour « offense aux sentiments religieux », une première dans le pays. En cause : un court métrage potache réalisé en 1978 et intitulé « Comment cuisiner un crucifix ». Le film prodigue des conseils pour retirer le Christ de son crucifix, le rincer, l’assaisonner avant de le mettre au four… et attendre 3 jours, au bout desquels il sortira tout seul.
C’est la première diffusion télévisée de ce petit film, en 2004, qui lui vaut aujourd’hui ce procès, au côté du directeur de la chaîne Canal Plus espagnole. Le Centro Juridico Tomas Moro, association catholique qui a initié les poursuites, se réjouit : c’est la première fois que l’article 521-1 du Code pénal, qui réprime l’« offense aux sentiments religieux », est appliqué en Espagne. L’association indique avoir initié deux autres procédures similaires.
Javier Krahe risque une amende de 144 000 euros.« Si je suis condamné, je m’exilerai en France », a-t-il annoncé à l’issue de l’audience. L’un de ses amis disait pour sa part espérer que, plutôt qu’une amende, il serait condamné à trois « Ave Maria ».
