Le Planning familial de Gironde s’emporte contre une étape régionale du concours « Graine de miss » prévu dimanche 23 septembre à Bordeaux. Et des politiques s’en mêlent. A nouveau.
« Graine de miss » se présente comme « le plus grand concours de Miss pour enfants », âgés de 6 à 13 ans. Sa lauréate girondine doit être élue dimanche 23 septembre à Bordeaux. Dans un communiqué, le Planning familial de Gironde dénonce ce concours, expliquant ne « pas accepter que se développe sur notre territoire des élections de mini miss copiant des miss adultes et basées sur une vision hypersexualisée des fillettes (…), une vision stéréotypée de la ‘petite fille objet’ qui se construit principalement sur son apparence et la séduction, transformant ainsi le regard que portent les adultes sur ces enfants ».
L’organisation du concours souligne que « sont strictement interdits le port du maillot de bain ainsi que le maquillage et les hauts talons (1). Seuls sont autorisés la laque à cheveux pailletée et le brillant à lèvres »… mais ces règles « ne changent rien au problème », estime le Planning familial, qui dénonce aussi le choix du cadre du concours bordelais : un music-hall, ‘Le Diamant Rose’ », ce qui « aggrave l’aspect sexualisation du ‘spectacle’ ».
L’association interpelle le préfet, le maire de Bordeaux Alain Juppé, ainsi que la ministre des Droits des femmes. Des élus socialistes girondins, comme la sénatrice Françoise Cartron et le député Vincent Feltesse (qui avait coordonné la campagne de François Hollande sur internet) soutiennent cette initiative. Dans la matinée, le ministère des Droits des femmes ne souhaitait pas encore communiquer sur le sujet, mais devrait le faire dans la journée. Le maire de Bordeaux, lui, rappelle qu’il n’a aucun pouvoir pour interdire la manifestation, au vu de son « caractère privé ».
Vers une interdiction par la loi ?
Dans un récent rapport, Chantal Jouanno recommandait d’interdire les concours de mini miss de moins de 16 ans ainsi que toute promotion d’images sexualisées des enfants. « Le phénomène reste relativement rare en France, mais nous allons être confrontés à une vague beaucoup plus forte si nous n’y prenons garde », observait la sénatrice UMP. Par ailleurs une proposition de loi visant à interdire l’organisation de concours de beauté pour les enfants de moins de 11 ans a été déposée en février à l’Assemblée nationale par l’UMP Henriette Martinez. Pour l’heure, son examen n’est pas à l’ordre du jour.
Au début de l’année, un tribunal avait donné raison à une autre antenne du Planning Familial, qui avait obtenu l’interdiction d’un concours de ‘mini miss’ à Auch.
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(1) Des talons autorisés jusqu’à 4 cm de hauteur, tout de même.