
Campagne gouvernementale 2007
Le quotidien La Croix publie en exclusivité une enquête inédite de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) sur le profil des victimes de violences conjugales. L’observatoire a interrogé 66 920 personnes entre 2008 et 2012 en France.
Premier constat : « Les campagnes de sensibilisation se succèdent, et pourtant les violences conjugales ne fléchissent pas. En moyenne, une femme décède tous les trois jours sous les coups de son conjoint. » L’enquête montre que « Les femmes pauvres ayant entre 35 et 39 ans et vivant en milieu urbain sont les premières touchées par ce fléau. »
Mais surtout : « 12,5 personnes sur 1 000 (soit 1,2 %) déclarent avoir été victimes de telles violences, ce qui, rapporté à la population totale, porte le nombre de victimes déclarées sur deux ans à 540 000. » Un chiffre à comparer au nombre de condamnations pour violences conjugales recensées chaque année : en 2010, seules 10 065 condamnations ont été prononcées pour « coups et blessures volontaires par conjoint ».
Comment endiguer le fléau ? La Croix fait ensuite un zoom sur l’Espagne qui a adopté une « loi intégrale » en 2004 « prévoyant la création d’au moins un tribunal spécialisé dans chaque circonscription judiciaire. » Résultat ? Angeles Alvarez, membre socialiste de la commission parlementaire chargée de l’égalité homme-femme, répond au quotidien : « Le nombre de plaintes annuelles pour violences est passé de 14 000 en moyenne dans les années 1990 à 130 000 actuellement : les femmes parlent et celles qui demandent de l’aide échappent davantage à une fin tragique. » La Croix fait aussi un point sur « l’ordonnance de protection », que le ministère des Droits des femmes s’apprête à modifier pour la rendre plus efficace.
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