Chaque mois, ces militantes juives bravent la tradition devant le Mur des Lamentations pour réclamer le droit de prier dans les mêmes conditions que les hommes.
Le combat des Femmes du Mur a pris une nouvelle dimension médiatique, lundi 11 février. Depuis des années ces féministes religieuses israéliennes se rassemblent chaque mois à Jérusalem devant le Mur des Lamentations, le lieu le plus sacré du judaïsme. Récitant la Torah à voix haute, portant pour certaines le « tallitot », le châle de prière réservé aux hommes, elles bravent ces interdits pour réclamer que les femmes puissent y prier dans les mêmes conditions que les hommes.
Mais cette dernière manifestation était la plus importante jamais organisée. Plus d’une centaine de femmes y ont pris part, et parmi elles 6 anciennes membres de l’armée israélienne, qui avaient participé à la « prise » du Mur lors de la guerre de 1967.
Comme chaque mois plusieurs militantes ont été interpellées. Mais là encore elles n’avaient jamais été aussi nombreuses dans ce cas : 10 d’entre elles ont été interrogées pendant plusieurs heures par la police. Et parmi elles, cette fois, une personnalité particulièrement médiatique : Rabbi Susan Silverman, la sœur de la comédienne américaine Sarah Silverman.
La voix d’une femme est considérée comme un élément de tentation
Par ces rassemblements mensuels, les Femmes du Mur entendent « obtenir le droit, en tant que femmes, de porter le châle de prière, de prier et de lire la Torah collectivement et à haute voix ». Ce que la tradition interdit aux femmes, contrairement aux hommes. L’association explique ainsi qu’il leur est interdit de lire la Torah à voix haute car « la voix d’une femme est considérée comme un élément de tentation, qui empêcherait les hommes de se concentrer sur leurs prières. » Par ailleurs, seule une partie du Mur (un cinquième de sa longueur) est accessible aux femmes.
Parallèlement à ces prières militantes, qui ont cours depuis 1988, les Femmes du Mur tentent régulièrement de faire valoir leur droits par les voies légales. La dernière action en date remonte à début janvier : avec d’autres associations, elles ont interpellé la Cour Suprême sur la légitimité de ces règles édictées par la Fondation (dont le bureau de 15 membres « ne compte que des hommes ultra-orthodoxes ») qui exerce son contrôle sur le Mur des Lamentations. En 2003, dans son dernier avis en date sur cette affaire, la Cour Suprême avait donné son aval à ce règlement.
Déjà, fin 2012, le gouvernement avait enfin pris la question au sérieux. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a nommé un médiateur chargé de trouver un « compromis » entre la Fondation et les Femmes du Mur.
