Télérama a choisi d’invisibiliser les femmes avec une sélection 100% mâle de la nouvelle scène du rap français. Pour Les Nouvelles NEWS, Eloïse Bouton, créatrice de Madame Rap, propose sa sélection de rappeuses. Comme quoi, ce n’était pas si difficile.
Dresser un « état des lieux » de la nouvelle scène française du rap. C’était le souhait des deux journalistes du magazine Télérama dans un article sur « la nouvelle donne du rap français ». Surprise : leur sélection ne comprend aucune femme. Parce que le rap, c’est pour les mecs, les vrais ?
Une invisibilisation des rappeuses que n’a pas manqué de relever la créatrice du site Madame Rap, Éloïse Bouton. À la demande des Nouvelles NEWS, la journaliste et militante féministe s’est prêtée au jeu : voici sa sélection de la « nouvelle donne du rap français ».. au féminin. Histoire de compléter celle de Télérama.
Sianna
Signée chez Warner Chappell, Sianna est l’une des figures montantes du rap en France. A seulement 21 ans, la MC franco-malienne originaire de Beauvais (Picardie) a déjà travaillé avec Mac Tyer, fait les premières parties de Soprano et sorti un premier album, Sianna, en 2015.
Pumpkin
Originaire de Brest, Pumpkin fait ses premières armes sur scène à Barcelone avant de s’installer à Nantes. La MC accorde une place centrale à son écriture affûtée, portée par des sons old school de son complice Vin’S da Cuero et inspirés des sonorités hip hop 90s (MC Solaar, A Tribe Called Quest…) Son premier album « Peinture Fraîche », sur lequel elle collabore notamment avec 20Syl et Dynasty, sort en 2015.
A2N
Tombée dans le hip hop à l’âge de dix ans, c’est pour sortir de la rue qu’A2N commence à rapper. Après son premier album « Indépendante » en 2014, la MC parisienne écume les scènes open mic en région parisienne et travaille sur un projet de EP prévu pour fin 2016.
Billie Brelok
Originaire de Lima et née à Nanterre, Billie Brelok est régulièrement comparée à la chanteuse et humoriste Giedré, à l’écrivain Céline, mais aussi à Keny Arkana. Ses textes, en français et en espagnol, abordent par exemple l’embarras de la France par rapport au gouvernement Ben Ali lors du Printemps Arabe ou les dégâts humains et écologiques causés par l’extraction de mines d’or au Pérou. Depuis son premier EP « L’Embarras du Choix » en 2014, la Franco-Péruvienne enchaîne les concerts et les festivals.
Liza Monet
A l’instar de Lil’ Kim et Nicki Minaj, Liza Monet incarne le rap hardcore made in France, avec des textes crus et un son lourd. Sans chichis, la MC d’origine algérienne parle de sexe, de désir et de plaisir. Avec plus de 5 millions de vue sur YouTube, son clip « My Best Plan », extrait de son premier EP Purple Money, la révèle au grand public en 2013. Victime de cyber sexisme et insultée sur les réseaux sociaux, la rappeuse ne se démonte pas pour autant et prépare actuellement un deuxième opus.
Pand’Or
Originaire du Val d’Oise, Camélia, aka Pand’or, débarque dans le monde du rap français en 2010, lors d’un freestyle pour Radio Campus où elle accompagne, entre autres, Nekfeu, Swift Guad ou encore L’Indis. Elle se consacre ensuite à ses projets solos et sort en 2013 un premier opus, « Le cul entre deux 16 », qu’elle présente sur toutes les scènes de France.
Ladea
C’est en 2011 que Ladea s’impose sur la scène rap avec sa première mixtape Qui veut ça ? et sa victoire lors du Rap Contender Sud. Invitée en première partie de Orelsan, Youssoupha ou Disiz La Peste, la rappeuse aixoise crée le label BrainWashMusic avant de décrocher un contrat chez EMI/HOSTILE RECORDS.
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