De l’éducation au monde du travail, tout converge vers l’inégalité des sexes.
Le verdict du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes est tombé cette semaine : l’enseignement de l’égalité entre les filles et les garçons est largement insuffisant, voire inexistant, en France, un pays fier de sa devise « Liberté, Égalité, Fraternité ». Il semblerait que seuls les professeur.e.s réellement motivé.e.s enseignent quelques rudiments à leurs élèves. Mais elles et ils ne sont pas légion.
Pourtant « tout commence par l’éducation ». C’est ce que l’on entend lors de tout débat sur les inégalités entre femmes et hommes et c’est très juste, qu’il s’agisse de la question des inégalités professionnelles, des violences faites aux femmes, des inégalités dans le sport ou dans la culture ou encore dans le contenu des médias.
Comment voulez-vous que les femmes revendiquent quoi que ce soit et aient envie de conquérir le monde si, dès leur enfance, on leur dit de façon explicite ou implicite qu’elles doivent jouer à la dînette et se faire belle pour attendre un prince avec lequel elle se marieront et feront beaucoup d’enfants ? C’est d’autant plus gênant que, pendant ce temps, les petits garçons ignorent qu’ils doivent aller délivrer la princesse dans son donjon, tout occupés qu’ils sont à jouer à conquérir le monde, faire la guerre ou s’éclater sur des terrains de sport. Tout cela crée de gros malentendus plus tard dans les couples.
Quelles perspectives pour elles quand ensuite elles sont prises en charge par la presse pour adolescentes puis la presse féminine pour continuer à se faire belle et jouer à la dînette et à la maman dévouée pour de vrai ? Pendant ce temps, la presse présente les hommes tout autrement avec énormément de modèles de conquérants, dirigeants, héros sportifs… Les manuels de soumission volontaire pour femmes poursuivent le travail de sape des éducateurs qui ont parlé de « l’heure des mamans » et n’ont jamais été proactifs pour faire changer les habitudes de jeu, ou les manuels scolaires dépeignant un monde pétri de traditions misogynes.
Et c’est ainsi qu’à l’âge adulte on arrive à ce constat dressé par l’OCDE : la France est très mal placée en matière « d’automisation économique des femmes ». Comment peuvent-elles revendiquer des salaires élevés et surtout des postes élevés quand on leur a mis dans la tête que leur place et leur quête de réussite était ailleurs ? Et comment les décideurs peuvent-ils accorder les plus hauts postes aux femmes si on les a persuadés que les priorités des femmes étaient ailleurs, dans leur foyer ? Comment arriver à l’égalité quand les stéréotypes véhiculés par les médias, l’école, la culture en général poussent les hommes vers les métiers les mieux payés ?
Dans nos formations et ateliers destinés à booster les carrières des femmes, les participant.e.s nous disent recevoir un véritable choc culturel. L’égalité n’adviendra pas sans un tel choc. Ça commence par l’éducation, de la maison à l’entreprise en passant par l’école, les médias, la politique, la culture, le sport…
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