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A Davos, les hommes gardent le pouvoir

par Camille Saint-Cricq

Peu de femmes au forum économique mondial de Davos. Et elles devraient rester très minoritaires à la table du pouvoir économique.

Si les médias attendent avec gourmandise un choc entre la jeune militante suédoise Greta Thunberg et le président des Etats-Unis Donald Trump, l’édition 2020 du Forum économique mondial de Davos qui s’ouvre ce mardi 21 janvier va, une nouvelle fois, montrer l’absence des femmes aux manettes du pouvoir économique.

Au fil des rencontres qui auront lieu dans les Alpes Suisses entre chefs d’Etat, dirigeants politiques et dirigeants d’entreprises, la parité ne sera pas au rendez-vous. Selon le site d’information économique américain Quartz, il y aura davantage de Nord-Américains que de femmes. « Sur 2820 participants, seulement 682 sont des femmes » compte Quartz, soit 24 %. Les Etats-Unis envoyant, à eux seuls 677 participants, avec les Canadiens, les Nord-Américains seront plus nombreux que les femmes.

Quartz a aussi dressé un palmarès des 113 pays qui envoient le plus de femmes. En tête, la Nouvelle-Zélande et le Kenya avec une proportion de femmes de 80 % pour le premier pays et 71,4 % pour le second. Cinq pays ne font participer que des hommes : la Thaïlande, la Pologne, Les Territoires palestiniens, Oman et la Malaisie. Et la France ? 23,3 % de femmes pour la représenter. Ce qui la situe à la 23ème place de ce classement.

Cette assemblée est à l’image du partage du pouvoir entre femmes et hommes dans le monde. Les pays qui ont mis en place des démarches volontaristes pour placer des femmes au pouvoir y parviennent et la France est championne de la féminisation des CA grâce à la loi Coppé-Zimmermann (qui avait été difficilement adoptée). Mais cette loi seule ne suffit pas à assurer la parité au sommet.

En politique aussi, la situation s’améliore quand des lois contraignantes sont appliquées. La quinzième édition du Global Gender Gap Report 2020 du Forum Economique Mondial montre de nets progrès vers la parité en politique. Mais pour ce qui est de la vie économique, c’est une reculade. Le rapport calcule qu’il faudrait plus de 250 ans au rythme actuel pour atteindre l’égalité femmes hommes au sommet de l’économie… En 2018 ce chiffre était « seulement » de 202 ans… 

Une histoire qui se répète

Les discours, les dénonciations, les incantations ne suffisent pas. Chaque année depuis 15 ans, le Global Gender Gap Report lance une alerte avant la rencontre. En 2011, la station de ski suisse accueillait moins de 20 % de femmes (Voir A Davos, pas de tremplin pour la parité). En 2014, le nombre de femmes baissait à nouveau (Voir : A Davos, les maîtres du monde restent entre hommes). Sheryl Sandberg a eu beau lancer à la tribune en 2016 « Les hommes continuent à diriger le monde, et ça ne se passe pas si bien » , rien n’a bougé chez les maîtres du monde (voir Sheryl Sandberg et Justin Trudeau : plaidoyers féministes à Davos).. Les femmes ont même, en 2018, mis au cœur des discussions l’articulation « sexisme et pouvoir » (Voir « Aujourd’hui je ne rigole plus ». À Davos, témoignages de femmes de pouvoir sur le sexisme). Le Forum a affiché l’ambition de doubler la proportion de femmes en 20 ans… on n’en prend pas le chemin.

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