Le Conseil Supérieur de l’audiovisuel avertit C8 et l’émission de Cyril Hanouna après un baiser sur le sein sans consentement. Et engage une procédure de sanction pour une autre séquence.
« Baba » se fait taper sur les doigts par le CSA. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a mis en demeure la chaîne C8, mercredi 23 novembre, pour une séquence de l’émission Touche pas à mon poste : les 35 heures de Baba » (le surnom de l’animateur Cyril Hanouna). Dans la nuit du 13 au 14 octobre le chroniqueur de l’émission Jean-Michel Maire, « vivement encouragé par l’animateur, a embrassé la poitrine d’une invitée en dépit du refus clairement exprimé par celle-ci à deux reprises », relate le CSA. Sans toutefois employer le terme d’agression sexuelle, qualification juridique de cet acte.
Voir : Les “35 heures de Cyril Hanouna” : agression sexuelle en direct
Dès le lendemain de sa diffusion, le CSA avait déjà reçu plus de 250 plaintes. L’invitée, elle, avait choisi de ne pas porter l’affaire devant la justice. Le Conseil a considéré que cette séquence contrevient aux dispositions législatives sur l’audiovisuel « en véhiculant des préjugés sexistes et en présentant une image dégradante de la femme. »
Dans le même temps, le CSA met C8 en garde en raison de « l’agression verbale » de Cyril Hanouna à l’encontre de l’un des chroniqueurs. Le Conseil se dit « particulièrement préoccupé du caractère répété de ce type de séquences et des effets d’imitation que cela peut induire auprès du jeune public. »
La mise en garde est le premier stade des avertissements du CSA, la mise en demeure le deuxième. La chaîne C8 et l’émission Touche Pas à Mon Poste (TPMP) évitent donc la sanction – qui peut prendre la forme d’une suspension d’antenne ou d’une amende. Mais ce n’est que provisoire.
Car le CSA se penchait sur une troisième séquence dans une émission de Cyril Hanouna, « relative à la mise en scène d’un crime attribué à un chroniqueur ». La chaîne ayant « déjà fait l’objet d’une mise en demeure sur le terrain du respect de la personne humaine » le CSA a décidé d’engager une procédure de sanction. Il a transmis le dossier au rapporteur indépendant « chargé en vertu de la loi des décisions d’engagement des poursuites et de l’instruction des affaires ». Et en vertu de la loi le Conseil pourra prononcer une sanction en se fondant sur son avis.
Le CSA assure en outre qu’il « demeurera vigilant quant au respect », par C8, « de la personne humaine et notamment de la protection du jeune public dans ses émissions, y compris de divertissement, afin que ne se banalisent pas des formes d’humiliation physique, verbale ou psychologique. »
