Après l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans, la ministre australienne des Communications, Anika Wells, s’attaque aux algorithmes qui hiérarchisent les fils d’actualité. Time l’inscrit parmi ses « 100 personnalités montantes les plus influentes ». Julia Gillard, ancienne Première ministre, salue son action pour façonner un autre monde.
La ministre australienne des Communications, Anika Wells, a été nommée parmi les « étoiles montantes les plus influentes du monde » dans la liste TIME100 Next 2026 du magazine Time, en reconnaissance de son travail sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans en Australie et de sa ferme opposition aux grandes entreprises technologiques.
Et pour écrire son portrait, le Time a choisi une femme connue pour avoir fait de la politique autrement : Julia Gillard, ancienne Première ministre australienne.
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Julia Gillard présente Anika Wells comme « l’une des voix les plus importantes » d’un mouvement mondial qui cherche à redéfinir la relation entre les technologies numériques et le bien-être des enfants. Elle salue son action en faveur de réformes destinées à protéger les jeunes des effets nocifs des réseaux sociaux et souligne qu’elle a tenu bon face aux plus puissantes entreprises technologiques mondiales.
« …Elle est restée inébranlable… Les générations futures considèreront ses changements historiques comme un acte courageux et novateur » écrit l’ancienne Première ministre travailliste.
« Devoir de vigilance numérique »
Cette distinction intervient à un moment stratégique pour la ministre des Communications. Depuis le 10 décembre 2025, l’Australie interdit aux moins de 16 ans de détenir un compte sur plusieurs grands réseaux sociaux. La mesure, présentée comme une première mondiale de cette ampleur, a suscité l’intérêt de nombreux gouvernements, notamment en Europe et en Asie, qui envisagent ou ont annoncé des dispositifs comparables.
Mais Anika Wells ne s’arrête pas là. Le gouvernement australien travaille désormais sur une « Digital Duty of Care », un « devoir de vigilance numérique », dans le cadre de réformes plus vastes sur la sécurité en ligne. Un devoir qui s’imposerait au-delà des réseaux sociaux : certaines plateformes de jeux, applications de messagerie ou encore services utilisant des chatbots seraient concernées par le devoir de ne pas pousser les contenus dangereux.
Fin de la soumission aux algorithmes ?
La principale proposition concerne les algorithmes qui organisent les fils d’actualité. Le gouvernement veut donner aux utilisateurs la possibilité de désactiver le fil de messages construit par des algorithmiques – qui peut pousser des contenus dangereux- et lire un fil composé de contenus provenant des comptes qu’ils ont eux-mêmes choisi de suivre. Le dispositif, baptisé « My Feed, My Way », placerait ainsi une partie du pouvoir de décision entre les mains des internautes plutôt que dans celles des plateformes.
« Tout comme il existe des normes de sécurité de base pour les voitures, les jouets ou les aliments », explique Anika Wells, il devrait exister des standards de sécurité de base pour les produits numériques utilisés quotidiennement.
Face aux géants de la tech
Le projet australien prévoit des sanctions pouvant dépasser 100 millions de dollars australiens pour les entreprises qui ne respecteraient pas leurs obligations. Cette volonté de responsabiliser les plateformes ne plait pas du tout aux géants de la tech. Elle vaut à Anika Wells une attention internationale.
Et la ministre des Communications, compte s’appuyer sur cette reconnaissance pour entraîner d’autres pays dans son combat. Interrogée par le Guardian sur son entrée dans le TIME100 Next, elle a répondu en utilisant une métaphore sportive (elle est également ministre des Sports) : « À Brisbane, nous savons que les championnats se gagnent avec toute l’équipe, pas avec un seul joueur. »
Face à des entreprises de la tech qui disposent de moyens considérables et d’une influence mondiale, l’équipe devra être solide.
Dans le Time, Julia Gillard croit en la capacité d’Anika Wells à entraîner un mouvement international qui cherche à modifier le rapport de force entre les plateformes, les pouvoirs publics et les citoyennes et citoyens.
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