Accueil Politique & SociétéElections 2022 Appels féministes à faire barrage contre l’extrême droite

Appels féministes à faire barrage contre l’extrême droite

par Isabelle Germain

Face à des électrices et électeurs crédules ou désabusé.es, plusieurs mouvements rappellent ce que devienent les Droits des femmes et les Droits sociaux avec l’extrême droite. Et appellent au vote de barrage.

Un effrayant sondage Ifop publié par le magazine Elle* jeudi 21 avril révèle que la moitié des Françaises (49 %) considèrent que Marine Le Pen est « féministe » et 30 % seulement pensent cela d’Emmanuel Macron. Grave problème de désinformation ! Les femmes interrogées pensent pouvoir faire confiance à la candidate du Rassemblement National (RN) pour lutter contre le harcèlement de rue (51 % contre 34 % pour Emmanuel Macron), le sexisme et les violences sexuelles (48 % contre 36 %), les inégalités salariales (49 % contre 35 %). Pourtant, le RN n’a jamais pris de positions en faveur des Droits des femmes, il s’y est même souvent clairement opposé.

L’analyse des programmes, réalisée par des étudiant.es de Sciences Po avant le premier tour de l’élection présidentielle, montrait que les candidat.es d’extrême droite parlaient des Droits des femmes essentiellement pour prendre des mesures punitives contre les agresseurs, avec un zèle xénophobe tout particulier.

Lire : PRÉSIDENTIELLE ET FÉMINISME : LES CANDIDAT·ES ZAPPENT L’ESSENTIEL

Mais avec ses chats et ces discours policés, la candidate du RN a réussi à convaincre les femmes de voter pour une extrême droite qui bafoue leurs droits partout où elle exerce le pouvoir.

Les appels féministes se multiplient pour ouvrir les yeux des électrices et des électeurs, les appeler au vote de barrage avant de reprendre la lutte pour l’égalité femmes-hommes.

L’Assemblée des Femmes a été la première à lancer un appel dès le lendemain du premier tour : « Contre les masculinistes et les antiféministes, nous ferons barrage » avec cet appel : « Dimanche 24 avril, ne donnons pas la France à l’extrême droite ».
Dans un communiqué, Equipop « réaffirme que les extrêmes droites sont incompatibles avec l’égalité de genre et la justice sociale » et rappelle « qu’en 2012, Marine Le Pen envisageait de dé-rembourser l’IVG dans certains cas, dénonçant ce qu’elle appelait des “avortements de confort” ». En 2021, les eurodéputé·e·s RN ont voté contre un texte visant à améliorer l’accès à l’éducation à la sexualité dans l’Union Européenne, et contre un autre visant à lutter contre toutes les formes de violence.

Le RN opposé aux Droits des femmes

Une tribune signée dans le JDD par 38 associations féministes le 15 avril intitulée  « l’extrême droite est incompatible avec les droits des femmes » rappelle aussi que « À l’international, [Marine Le Pen] affiche sa proximité avec des dirigeants aux politiques discriminatoires et ultra réactionnaires comme Donald Trump, Viktor Orban, ou Vladimir Poutine. » Et ce dernier a, par exemple, décriminalisé une grande partie des violences domestiques.

Autre rappel : « À l’Assemblée nationale, comme au Parlement Européen, Marine Le Pen et les élus de son parti se sont opposés quasiment unanimement et systématiquement aux textes qui promeuvent l’égalité entre les femmes et les hommes – que ce soit pour l’égalité salariale, l’accès à la contraception, la lutte contre les violences faites aux femmes et les violences de genre, ou la promotion de la parité. »

Dans le magazine Elle, une tribune appelle à faire barrage à l’extrême droite et veut lever une idée fausse : non, être femme ne signifie pas être féministe. « Marine Le Pen est une femme, mais elle ne défend pas les droits des femmes. Elle veut supprimer le ministère chargé des Droits des femmes. Et n’entend pas lutter contre les inégalités salariales. Ni pour la parité… Elle prétend défendre les plus fragiles comme les mères célibataires, mais elle exclut, avec sa préférence nationale, des milliers de femmes qui vivent aujourd’hui en France. » La tribune revient aux fondamentaux de l’extrême droite : « Un parti qui pratique la préférence nationale charge le ventre des femmes de défendre la nation. »

Dans une interview accordée à Télérama, la grande metteuse en scène Ariane Mnouchkine dit clairement à celles et ceux qui ne voient pas le danger, « on n’essaie pas Marine Le Pen, on n’essaie pas le fascisme ».

La Fédération Solidarité Femmes lance l’appel « Pas d’abstention, votons ! ». Le texte appelle clairement à voter contre l’extrême droite et pour Emmanuel Macron mais avec un texte sans concession pour le président sortant. Après avoir dénoncé les prises de position du RN et de ses amis à l’étranger, Solidarité Femmes fait part de ses désaccords avec la politique engagée sous le quinquennat qui s’achève et prévient qu’elle attend d’Emmanuel Macron des engagements forts pour les droits des femmes.

Avec le RN au pouvoir, non seulement les droits des femmes sont menacés mais aussi les droits des homosexuel.les et les droits sociaux dans leur ensemble, la violence raciste serait décuplée, la lutte contre le réchauffement climatique enterrée… Au-delà des féministes, elles et ils sont nombreux à appeler à faire barrage à l’extrême droite en glissant un bulletin « Emmanuel Macron » dans l’urne le 24 avril en dépit de l’hostilité que beaucoup peuvent avoir pour le président sortant. « S’il faut choisir un adversaire pour les 5 années qui viennent, je choisis Macron » écrit l’Eurodéputé Pierre Larrouturou qui lance lui aussi un appel ici sur Linked In.

*Le sondage auto-administré en ligne du 11 au 13 avril porte sur échantillon national représentatif de 1 039 femmes âgées de 18 ans et plus.

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