Accueil International Après Angela Merkel, parité à la peine en Europe

Après Angela Merkel, parité à la peine en Europe

par Camille Saint-Cricq

Plus que 3 femmes parmi les 27 chefs de gouvernement de l’Union européenne. La « femme la plus puissante du monde » laisse un grand vide dans des institutions européennes qui comptent peu de dirigeantes.

Celle qui fut considérée pendant plusieurs années consécutives comme « la femme la plus puissante du monde » par le magazine Forbes n’est plus chancelière après seize ans à la tête de l’Allemagne. Du même coup, elle ne fera plus partie du Conseil européen. Le quotidien espagnol Publico a fait ses comptes : « Après le départ d’Angela Merkel, il n’y aura plus que 3 chefs de gouvernement femmes, soit 11 % des dirigeants européens : Mette Frederiksen au Danemark, Kaja Kallas en Estonie et Sanna Marin en Finlande. Magdalena Andersson a de bonnes chances de les rejoindre bientôt en tant que première femme Premier ministre de Suède. » Le quotidien note que, en quarante ans de démocratie, l’Espagne n’a pas encore eu de femme à la tête du gouvernement… Pas de présidente de la République en France non plus durant cette période.

Du côté des grandes institutions pourtant, la situation a évolué récemment. C’est en 2019 qu’Ursula von der Leyen a été choisie pour présider la Commission européenne et Christine Lagarde placée à la tête de la Banque centrale européenne. Ce qui avait donné lieu à des excès d’enthousiasme mais aussi à une forme de banalisation de la prise de pouvoir par les femmes (lire : Union européenne : parité au sommet et dans les critiques)

La féminisation progressive des instances ne s’est pas faite sans accrocs. Il avait fallu, en 2014, une très forte mobilisation pour que les femmes obtiennent plus que quelques strapontins après avoir fait pression sur l’ancien président Jean-Claude Juncker (lire  : 9 femmes à la Commission européenne ? Mais c’est trop d’honneur !)

Mais en 2019, Ursula von der Leyen a tenu à intégrer des femmes qui ne devaient pas faire de la figuration. (lire : Une Commission européenne presque paritaire)… Ce qui n’a pas empêché la présidente de subir ce qui a été appelé le «  sofagate » : Lors d’un sommet en Turquie, le président Turc avait prévu un fauteuil pour le président du Conseil européen Charles Michel qui l’avait accepté alors que la Présidente de la Commission européenne était reléguée au rang de spectatrice de leurs échanges. (Lire : « Ehm », en Turquie, le président éloigne Ursula von der Leyen)

La parité dans ces instances européenne est très fragile. L’absence d’Angela Merkel ne va rien arranger, c’est un homme Olaf Scholz qui devrait lui succéder le 9 décembre prochain.

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