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Après le G7, l’émancipation économique des femmes

par Isabelle Germain

De la non-discrimination des créatrices d’entreprises aux salariées revenant de leurs congés de maternité, le gouvernement promet une nouvelle loi pour barrer la route au sexisme.

Au G7 qui s’est tenu à Biarritz, chaque pays convié s’est engagé à adopter une nouvelle loi en faveur de l’égalité femmes-hommes inspirée d’une des 79 bonnes pratiques recensées par le Conseil consultatif pour l’égalité entre les femmes et les hommes. (Outre les Etats du  G7 : le Chili, l’Australie, l’Inde, le Sénégal et le Rwanda)

La France promet pour 2020 une loi en faveur de l’émancipation économique des femmes. Marlène Schiappa, Secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes annonce que cette loi sera élaborée en collaboration avec le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire.

Première mesure envisagée : « encourager les banques à soutenir les créatrices d’entreprises » indique un communiqué du Gouvernement. Et ce ne sera pas du luxe !  Sans démarche volontariste forte, il sera impossible de démêler les fils des stéréotypes et de l’auto-censure qui bloquent l’entrepreneuriat chez les femmes. (voir : Financer une entreprise : les femmes peinent encore). Car les investisseurs sont frileux. Ils ont tendance à poser des questions différentes aux hommes et aux femmes. A eux des interrogations sur leur vision de la réussite du projet, à elles des questions sur les risques. Au final, les premiers font rêver, les secondes font fuir ces investisseurs. (voir Les questions qui tuent l’entrepreneuriat féminin)

Deuxième point : «  Imaginer un système de quotas dans les entreprises pour plus de parité. » Le Gouvernement précise qu’un rapport a été demandé au Haut Conseil à l’égalité femmes-hommes. Là encore, ça ne sera pas un luxe. La loi Copé -Zimmermann sur les quotas dans les conseils d’administration, obtenue de haute lutte il y a dix ans, a porté ses fruits. Mais dans les instances exécutives qui n’ont aucune contrainte, en revanche, la situation n’a pas bougé d’un iota. Et les mentalités des dirigeants d’entreprises n’ont pas beaucoup évolué (voir Grand prix de la mixité : discours et actes).

Troisième point : « Faciliter la reprise d’activité des femmes, notamment après une période dédiée à la maternité » . Toutes les pistes devraient être explorées pour la non-discrimination des femmes au retour des congés de maternité mais aussi pour la réinsertion de celles qui ont interrompu longtemps leur activité professionnelle. La piste de la validation des acquis de l’expérience sera étudiée. Là encore, il y a fort à faire pour que les entreprises cessent de considérer que la maternité est incompatible avec l’ambition professionnelle et pour qu’elles appliquent les lois existantes. Lorsque les entreprises ont dû calculer leur «index de l’égalité», 201 d’entre elles ont eu zéro à l’indicateur n° 4 sur l’augmentation au retour de congé de maternité. Pourtant une loi de 2006 impose une augmentation individuelle proportionnelle à la moyenne des augmentations du service pour les femmes de retour de congé de maternité. (voir Egalité professionnelle : l’art de l’esquive se complique)

Quatrième point : « Améliorer la place des femmes dans les métiers d’avenir. »  Aujourd’hui, les femmes sont peu nombreuses ou invisibles dans les métiers du numérique malgré l’existence de femmes modèles et de nombreuses initiatives en France pour les pousser vers ce secteur d’activité ( voir Margaret Hamilton, un grand bond pour les femmes dans le numérique)

Enfin dernier objectif : « Multiplier par cinq les pénalités infligées aux partis politiques qui ne respectent pas la parité. » Les pénalités pourtant très lourdes n’ont, en effet, pas découragé certains partis politiques de présenter bien plus de candidats que de candidates. Les candidates étant, le plus souvent désignées sur des circonscriptions dans lesquelles leurs partis réalisent les plus mauvais scores en général… (voir Parité aux législatives ? « Le compte n’y est toujours pas »)

L’émancipation économique, l’égalité professionnelle entre femmes et hommes sont de longues luttes faites de nouvelles de lois mais de trop peu de bagarres pour les faire appliquer. Dernière en date et première du genre : une action de groupe contre la Caisse d’Epargne Île-de-France pour obtenir réparation du préjudice subi par plusieurs femmes de l’entreprise moins rémunérées et moins promues que leurs homologues masculins. (Voir Contre les discriminations, la CGT passe à la (class) action)

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Harcèlement sexuel : Bruno Le Maire et le risque d’impopularité

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batlle-nardin 3 septembre 2019 - 13:59

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