Accueil International Arabie saoudite : exécutée pour un crime commis à 17 ans

Arabie saoudite : exécutée pour un crime commis à 17 ans

par La rédaction

L’interdiction par le droit international de la peine de mort pour des crimes commis par des mineurs n’a pas empêché le royaume de décapiter une jeune employée de maison immigrée.


 

Le roi d’Arabie saoudite, interpellé par le président sri-lankais et les ONG Human Rights Watch et Amnesty International, n’a pas empêché l’exécution de Rizana Nafeek. Cette jeune femme, venue du Sri Lanka pour travailler comme employée de maison, avait été reconnue coupable par la justice saoudienne du meurtre d’un bébé de quatre mois dont elle avait la garde en 2005, alors qu’elle n’avait que 17 ans. Elle a été exécutée par décapitation le 9 janvier.

Déni du droit international

L’Arabie saoudite est pourtant un des pays signataire de la Convention relative aux droits de l’enfant, qui interdit de prononcer la peine de mort ou des peines de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle pour des crimes commis avant que l’accusé ait atteint l’âge de 18 ans. Pourtant la loi saoudienne donne une grande latitude aux juges pour traiter les enfants comme les adultes dans les affaires pénales. Les tribunaux saoudiens ont prononcé des peines de mort contre des enfants parfois âgés de 13 ans. « L’Arabie saoudite est l’un des trois seuls pays au monde [avec l’Iran et le Soudan] où des personnes sont exécutées pour des crimes qu’elles auraient commis alors qu’elles étaient mineures », souligne Nisha Varia, chercheuse pour l’ONG Human Rights Watch. « Un nombre disproportionné d’étrangers, principalement des travailleurs migrants originaires de pays du Sud, ont été exécutés en Arabie saoudite ces dernières années », dénonce Amnesty International.

Passeport falsifié ?

Selon la version officielle, contestée par les ONG, Rizana Nafeek aurait étouffé le bébé après une dispute avec son employeur, la mère de l’enfant. La jeune femme aurait d’abord avoué le meurtre lors de son interrogatoire, pendant lequel elle n’a pu bénéficier de la présence d’un avocat, rapporte Amnesty International. Elle se serait rétractée depuis, affirmant que ses aveux lui avaient été arrachés sous la contrainte après avoir été agressée physiquement en détention. Rizana Nafeek affirme que le bébé s’est étouffé accidentellement en buvant son biberon. D’après les informations recueillies par l’ONG, Rizana Nafeek n’a pas été autorisée à présenter son acte de naissance ni aucun autre élément attestant son âge au tribunal lors de son procès en 2007. La date de naissance mentionnée sur son passeport avait été falsifiée par l’agence de recrutement au Sri Lanka pour faire croire qu’elle avait 23 ans afin qu’elle puisse immigrer pour travailler.

Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, s’est dite « consternée » par cette exécution. « Je reconnais la gravité du crime et exprime ma sympathie à la famille de la victime. Toutefois je ne crois pas que cette perte puisse être compensée par la mort de Rizana », a-t-elle indiqué dans une déclaration. Elle a également rappelé que l’UE s’oppose à la peine de mort « dans tous les cas et toutes les circonstances ».

 

 

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

Laisser un commentaire