L’Argentine a demandé aux pays d’accueil de la Coupe du monde de foot d’interdire l’entrée dans les stades aux pères séparés qui ne versent pas d’aides à leurs enfants. Une politique que ce pays applique déjà sur son propre territoire.
Quelques semaines avant le coup d’envoi de la Coupe du monde de football, la ministre de la Sécurité argentine, Alejandra Monteoliva, a prévenu sur réseaux sociaux : « Ceux qui ne subviennent pas aux besoins de leurs enfants doivent être exclus des stades ».
Fichier transmis aux autorités
Avant le démarrage de l’événement qui se déroule aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, les autorités argentines ont adressé à l’administration des pays d’accueil une liste de 13.000 noms de pères de famille fichés pour des manquements répétés à leur obligations financières. Interdiction pour ces débiteurs de pension alimentaire d’assister aux matchs pendant toute la durée de la compétition rapporte le quotidien argentin La Nación. La menace vise les mauvais payeurs répertoriés dans quatorze districts du pays.
Depuis mars 2025, à Buenos Aires et dans treize autres districts du pays d’Amérique du Sud, l’accès aux stades argentins est déjà interdit aux parents qui ne règlent pas leur pension alimentaire, aussi bien lors des matchs de championnat que des grands spectacles sportifs.
Interdits de stade en Argentine
Cette mesure s’inscrit dans le programme gouvernemental national «Safe Stands» (Tribunes sûres) qui permet de restreindre l’entrée des stades aux personnes mises en examen, inculpées ou condamnées pour des délits de violence durant des spectacles sportifs.
Ces derniers mois, les autorités argentines ont intensifié leurs efforts pour identifier les mauvais payeurs. Un système de contrôle renforcé a été mis en place, permettant de croiser les données des tribunaux avec celles des demandes de billets et des déplacements à l’étranger. Des contrôles d’identité systématiques à l’entrée des enceintes. Et cette vérification a déjà permis de repérer 162 supporters tentant d’assister à des rencontres malgré leurs dettes envers leurs enfants.
Avec l’arrivée du Mondial, ce dispositif local prend une nouvelle dimension. Sera-t-il imité en France où selon le Haut Conseil de la Famille, 30 % à 40 % des pensions alimentaires font face à des impayés ou des retards de versement ?

