Pour « lutter contre les déterminismes » qui éloignent les filles de certaines filières, la ministre de l’Education nationale veut rendre le paysage mémoriel plus égalitaire.
« Ouvrir le débat sur la devise inscrite au Panthéon, » c’est ce qu’a proposé Elisabeth Borne lors de sa conférence de presse de rentrée scolaire, le 27 août. La ministre de l’Éducation nationale a appelé à reconnaître « explicitement » la place des femmes dans l’Histoire. Une place qu’ignore aujourd’hui la devise gravée à l’entrée du monument : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante »
« Parce que la politique est aussi affaire de symbole, je pense que nous devrons ouvrir le débat sur la devise inscrite au Panthéon. Cette devise doit reconnaître la place de Marie Curie, Germaine Tillon, Simone Veil, Joséphine Baker, et toutes celles qui les suivront » a déclaré la ministre.
Rendre visibles les modèles
L’objectif serait de faire exister les modèles de grandes femmes dans l’histoire enseignée aux élèves. Ces nouveaux enseignements auraient un impact sur les ambitions des filles et sur l’acceptation de ces ambitions par la société. « Nous pouvons ouvrir toutes les portes des filières scientifiques aux jeunes filles. Mais si en levant les yeux, elles ne voient pas la société reconnaître pleinement la place des femmes dans son Histoire, alors nous leur envoyons un message contradictoire », a développé la ministre.
Elisabeth borne a lancé cette idée pour « lutter contre tous les déterminismes » qui empêchent les femmes d’envisager certaines carrières, notamment scientifiques. Elle faisait le lien avec le plan Filles et maths, lancé en mai 2025 pour rendre la filière scientifique plus attractive pour les jeunes femmes. (lire : Élisabeth Borne lance le plan « Filles et Maths » pour féminiser les filières scientifiques)
Sortir d’un cercle vicieux
« Dans cette lutte contre tous les déterminismes, un combat me tient particulièrement à cœur. Trop souvent les jeunes filles se heurtent à des stéréotypes et finissent par renoncer à des carrières qui devraient leur être pleinement ouvertes. C’est pour sortir de ce cercle vicieux que j’ai lancé le plan Filles et maths », a-elle expliqué. Deux mesures principales dans ce plan : des séances de sensibilisation de deux heures aux biais de genre pour les enseignants et enseignantes avant le 15 septembre et des classes à horaires aménagés en 4e et en 3e en mathématiques et en sciences accueillant au moins 50 % de filles.
Dans ce contexte, rendre notre paysage mémoriel plus égalitaire ne serait pas du luxe. La reconnaissance des femmes dans les hauts-lieux symboliques est un long combat. Marie Curie n’est est entrée au Panthéon qu’en 1995, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz ont suivi en 2015, Simone Veil en 2018, et Joséphine Baker en 2021.
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