Accueil Politique & Société #BalanceTonPorc, balance ta proie : Sandra Muller condamnée

#BalanceTonPorc, balance ta proie : Sandra Muller condamnée

par La rédaction

Sandra Muller, l’initiatrice de #BalanceTonPorc a été condamnée pour diffamation. Elle ne devait pas parler de harcèlement selon le tribunal.

Le 13 octobre 2017, Sandra Muller initiait sur Twitter, un mouvement invitant les femmes à s’exprimer : « #balancetonporc !! toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlent sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends. » Quatre heures plus tard, elle balançait : « “Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit” Eric Brion ex-patron de Equidia #balancetonporc ». Les faits qu’elle relatait remontaient à 2012, lors d’une soirée de travail à Cannes. Et Eric Brion a affirmé, par la suite avoir envoyé un message d’excuse… Sandra Muller a été considérée comme « personnalité de l’année » 2017 par le magazine Time.

Ce premier épisode de #BalanceTonPorc a eu des répercussions dans la vie de l’accusé qui a porté plainte en diffamation. Et ce mercredi 25 septembre, le tribunal de Paris a condamné Sandra Muller à 15.000 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice moral.

Il y a quelques mois l’ex-député Denis Baupin qui avait lui aussi porté plainte en diffamation suite à des accusations de harcèlement sexuel a été condamné pour procédure abusive. Mais les circonstances étaient différentes.

Voir : Baupin condamné pour procédure abusive. Historique !

Dans le cas Baupin, plusieurs victimes avaient porté plainte au tribunal. Celui-ci n’avait pas donné suite pour des raisons de procédure, tout en retenant la véracité des faits. La plainte en diffamation a été jugée abusive.

Dans le cas soulevé par Sandra Muller, les accusations ont eu lieu sur les réseaux sociaux. Et le tribunal a donné raison à celui qui portait plainte en diffamation. Il a d’abord estimé que la victime ne pouvait évoquer un « harcèlement sexuel » car  le délit de harcèlement est constitué par « une répétition ou une pression grave ». Il semble que Sandra Muller ait fait référence à un fait isolé. Le tribunal a aussi évoqué le fait qu’Eric Brion n’était pas le supérieur hiérarchique de la victime et estimé qu’elle avait exposé l’accusé «à la réprobation sociale». « Elle a dépassé les limites admissibles de la liberté d’expression, ses propos dégénérant en attaque personnelle » provoquant pour lui « Isolement social » et dépression nerveuse ont estimé les magistrats.

L’avocat de Sandra Muller, Francis Szpiner parle d’une décision « hors sol » qui va impacter le mouvement de libération de la parole des femmes naissant. Sa cliente va faire appel de cette décision. Pour elle c’est une « procédure bâillon » mais appelle toutes les femmes à ne pas céder. « Cela veut dire ‘taisez-vous !’ J’ai perdu aujourd’hui. Mais les autres femmes ont gagné. »

Encore une fois se pose le problème de la protection des femmes par la loi. Sans répétition et à défaut de lien hiérarchique, le tribunal ne peut retenir le « harcèlement ». A l’époque des faits, le délit d’outrage sexiste n’existait pas. Il permet aujourd’hui de condamner des faits isolés d’intimidation. Ce qui ne résout pas le problème de la preuve des faits.  Mais « il faut donner les moyens aux femmes de gagner en justice » affirmait sur Europe 1 ce mercredi matin Sandrine Rousseau.

Ce mercredi matin aussi, des militantes féministes ont publié une tribune de soutien à Sandra Muller et au mouvement qu’elle a lancé. Tribune publiée sur FranceInfo.fr.avec ce titre : « Nous savons ce que nous devons à #BalanceTonPorc »

Entendre la parole des femmes, c’est encore loin d’être gagné. Juste après l’annonce du verdict, ce sont des hommes qui débattaient du sujet sur un plateau télé comme l’a fait remarquer La Barbe

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#BalanceTonPorc et tire-toi

 

 

 

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elouise 26 septembre 2019 - 20:42

Ralala ces association qui font croire qu’elles représentent toutes les femmes alors qu’elle sont minoritaires dans le pays. Quand a la condamnation tant mieux, j’ai envie de dire. Quand l’on essaye de nuire à la réputation de quelqu’un et de le détruire définitivement alors on mérite d’être condamné. La liberté à des limites et cette dame vient d’en avoir un aperçu. Et encore c’est pas cher payé au vu du mal qu’elle a fait (cf les news à ce propos).

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