Sexisme décomplexé, voire revendiqué, sur le plateau d’une émission de Canal+ consacrée au football.
Samedi 10 et dimanche 11 février, le sport au féminin était à l’honneur sur plusieurs médias audiovisuels, à l’occasion de l’opération « Sport féminin toujours ». Canal+ n’y participait pas officiellement et pourtant J+1, son émission dominicale consacrée au football, avait une invitée : l’attaquante du Paris FC et internationale de l’équipe de France Gaëtane Thiney.
Mais dans cette émission, la chronique de l’humoriste Julien Cazarre a tourné au festival de beauferie. Il commence par montrer diverses images destinées à moquer le faible niveau des footballeuses. Pourquoi pas, c’est le genre d’humour qu’il pratique aussi à l’égard du football masculin. Mais c’est ensuite que ça se gâte.
Julien Cazarre montre des images d’un jeu dans lequel des femmes en petite tenue « jouent » sur un terrain gonflable. En commentant : « Moi, c’est le foot que j’aime, j’aime bien les costumes… non, c’est vraiment bien foutu ». Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Le chroniqueur poursuit : « Je sais ce que vous allez vous dire : c’est pas un peu misogyne ? Ben si ! » Rires gras sur le plateau. Et pour enfoncer le clou, il conclut : « On embrasse Marlène Schiappa qui nous regarde, qui a sûrement un tweet à faire ».
La conclusion, c’est quelques minutes plus tard. Après être revenu sur le football masculin, il met un terme à sa chronique avec cette question à Gaëtane Thiney : « Quel est le sport féminin qui est le plus viril, où il y a le plus de contact : est-ce que c’est le foot, est-ce que c’est le rugby, ou est-ce que c’est les soldes ? ». Que celles et ceux qui n’ont pas entendu dix fois dans leur vie cette blague éculée lèvent le doigt.
À propos de doigts, il semble que l’humoriste cherche précisément à prendre des coups sur les siens afin de se poser en héros de la lutte contre la « bien-pensance ». Début janvier, dans Telerama, il prenait la défense de l’humoriste Tex, évincé de France 2 après une mauvaise blague sur les femmes battues, en déclarant : « Moi, je veux pouvoir rire du terrorisme, des femmes battues, des fachos, de tout, sans qu’on vienne me les briser ». Et fustigeait le CSA qui serait « en train de devenir une belle merde de propagandistes de la bien-pensance ». Et n’a pourtant rien à voir dans l’éviction de Tex.
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