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A Cannes aussi, débat relancé sur les violences sexuelles

par La rédaction
Woody Allen
Woody Allen

Woody Allen en 2015. Par Adam Bielawski [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons

Avant la phrase de Laurent Lafitte sur le « viol », le fils de Woody Allen dénonçait le silence médiatique devant les accusations d’agressions sexuelles.


 

Du long – trop long, de l’avis général – discours du comédien Laurent Lafitte, lors de la soirée d’ouverture du Festival de Cannes, mercredi 11 mai, il est une phrase qui a créé une onde de choc. Une phrase adressée à Woody Allen, dont le film Cafe Society était présenté en ouverture, hors compétition :

« Ça fait plaisir que vous soyez en France parce que ces dernières années vous avez beaucoup tourné en Europe, alors que vous n’êtes même pas condamné pour viol aux États-Unis. »

A première vue cette pique acérée ne visait pas tant Woody Allen que, entre les lignes, Roman Polanski – le cinéaste a fui les Etats-Unis il y a près de 40 ans pour éviter de répondre devant la justice des « relations sexuelles » – selon ses mots – qu’il avait eues avec une fille de 13 ans. La victime, elle, affirmait avoir été « droguée et violée ».

Mais la phrase de Laurent Lafitte ne pouvait manquer de faire écho (sans que lui-même le sache, voir mise à jour plus bas) à un autre texte, écrit la veille par Ronan Farrow. Sa sœur Dylan Farrow avait, au début des années 1990, accusé son père adoptif, Woody Allen, d’agressions sexuelles. Dans The Hollywood Reporter, Ronan Farrow dénonce les médias qui ont tourné le dos quand sa sœur a voulu témoigner à nouveau en 2014 sur le calvaire qu’elle avait subi. Si le New York Times lui a donné la parole, il a ensuite donné deux fois plus d’espace à la défense de Woody Allen.

« Un rappel brutal de la différence avec laquelle la presse traite les accusatrices vulnérables et les hommes puissants qui sont accusés », juge Ronan Farrow, dénonçant un silence médiatique qui « n’est pas seulement mauvais, mais dangereux. Il envoie aux victimes le message qu’il est inutile de témoigner ».

Décidément, des dorures de l’Assemblée nationale, avec l’affaire Baupin, au tapis rouge de Cannes, la question de la difficulté de témoigner des violences sexuelles aura été au cœur de l’actualité cette semaine.

Mise à jour : Laurent Lafitte s’est par la suite expliqué sur le sens de sa blague… et cela ne joue pas en sa faveur. Comme l’a repéré Slate.fr, le comédien a affirmé qu’il n’avait pas lu le texte de Ronan Farrow, et qu’il ne faisait donc aucunement référence aux accusations contre Woody Allen. Et ce n’est pas non plus Roman Polanski qu’il entendait épingler mais… le « puritanisme américain ». Poursuivre quelqu’un en  justice pour viol serait donc du puritanisme…

 

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