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Dopage, sexisme, une championne cycliste dénonce

par La rédaction

Nicole_CookeA l’heure de prendre sa retraite, Nicole Cooke balance sur le dopage mais aussi sur la domination masculine dans son sport. L’UCI, qui défend le salaire minimum pour les hommes, mais pas pour les femmes, en prend pour son grade.


 

En annonçant sa retraite à 29 ans, le 14 janvier, la championne cycliste britannique Nicole Cooke a frappé fort. Alors que Lance Armstrong tente une opération réhabilitation, la cycliste témoigne de l’hypocrisie face au dopage dans le sport. Tout en assurant être toujours restée propre, celle qui a gagné, entre autres, la Grande Boucle (le Tour de France féminin) en 2006 et 2007 et le titre olympique sur route en 2008 raconte combien, à de nombreuses reprises, elle a été incitée à utiliser des substances dopantes.

Malsaine repentance

Et dans sa longue déclaration (ici en anglais), Nicole Cooke crie son dégoût de la repentance de ces anciens dopés qui tentent de se refaire une virginité médiatique. Et qui, après avoir volé des victoires aux cyclistes propres, gagnent encore de l’argent en avouant s’être dopés. A l’image de Tyler Hamilton, ancien coéquipier de Lance Armstrong, qui vend son livre dans lequel il raconte comment il a triché. Ou d’Armstrong lui-même, aujourd’hui engagé dans une opération réhabilitation. « Quand Lance verse des larmes chez Oprah et qu’elle lui tend un mouchoir, ayez une pensée pour tous ces gens propres qui n’ont jamais décroché de trophée. Chacun d’eux vaut un millier de Lance », assène la championne.

Le cyclisme féminin n’est d’ailleurs pas épargné, souligne Nicole Cooke, évoquant notamment le cas de la canadienne Genevieve Jeanson, une Lance Armstrong au féminin, qui a toujours nié s’être dopée avant de s’incliner devant l’évidence en 2007.

Et la championne de s’en prendre également, en frappant tout aussi fort, au sexisme dans son sport.

Quand on commence la compétition – pour elle à l’âge de 12 ans – explique-t-elle, « on s’attend à ce qu’il y ait des infrastructures pour les garçons comme pour les filles, pour leur permettre de développer et démontrer leurs talents ; pour les faire progresser. On ne s’attend pas à ce qu’il n’y ait rien pour vous si vous êtres une fille ou, pire, que les filles soient exclues, interdites de compétition. » Il n’existait pas, par exemple, d’épreuve de Championnat national pour les filles. Elle et son père ont dû batailler pour que la fédération britannique organise des événements pour les filles, ce qui n’a été le cas qu’à partir de 1998.

Pas de protection salariale

« Le cyclisme était un sport sous domination masculine, et il continue à l’être. L’égalité, à de nombreux points vue, est encore loin », lance Nicole Cooke qui dénonce même un déclin du cyclisme féminin depuis 2002 , l’année où elle est devenue professionnelle. Et la championne de tirer à boulets rouges sur l’UCI (Union cycliste internationale), qui a « pendant 10 ans dépensé son énergie à défendre Lance Armstrong » pendant que le cyclisme féminin se délitait. L’UCI entérinant la disparition d’épreuves et le désengagement des sponsors. Malgré ses titres, elle-même a dû batailler plus d’une fois pour que son équipe lui verse son salaire.

Et aujourd’hui encore, la Commission du cyclisme sur route de l’UCI défend le principe d’un salaire minimum pour les hommes… mais pas pour les femmes, dénonce Nicole Cooke. « Pourquoi les femmes ne méritent-elles pas cette protection ? ». Un sérieux coup de canif aux récentes déclarations de bonnes intentions de l’UCI qui donnait en décembre son aval à l’égalité des barèmes de récompenses. Mais rejetait, pas plus tard qu’en octobre dernier, une nouvelle demande pour que les cyclistes femmes aient droit elles aussi à un salaire minimum.

 

Photo : Nicole Cooke en 2008 aux JO de Pékin © SuedeBicycle sur Flickr

 

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1 commenter

Tenaille 18 janvier 2013 - 12:26

Toujours le même discours… « Les autres sont tous chargés mais moi j’ai gagné à l’eau claire ». Mais oui Nicole. On a tous vu les cyclistes britanniques au Tour de France et à Londres battre par magie tous les records. Il paraît qu’il y en a qui n’ont pas encore réussi à s’arrêter de pédaler depuis…

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