
Pr Philippa Marrack (biologie), Lauréate du Prix L’Oréal-UNESCO pour l’Amérique du Nord en 2004 © Micheline Pelletier
Une nouvelle étude souligne les faibles progrès de la place des femmes dans le domaine scientifique. Et les freins à leurs carrières.
La part des femmes dans la recherche scientifique progresse… très lentement. Aujourd’hui, moins de 3 chercheurs sur 10 (29%) sont des chercheuses, selon une étude du Boston Consulting Group publiée mercredi 19 mars. La proportion était de 26% il y a 20 ans.
Selon cette étude, menée dans 14 pays pour le programme « L’Oréal-Unesco Pour les Femmes et la Science », la France est légèrement au dessous de la moyenne, avec 26% de chercheuses. Elles sont 25% en Allemagne et en Chine, 35% aux États-Unis, 38% en Espagne et au Royaume-Uni et seulement 14% au Japon.
Un récent rapport de la Commission européenne aboutissait à des résultats similaires : en Europe, les femmes représentent 33% de la communauté des chercheurs, une proportion en légère hausse régulière. Ce rapport notait aussi : « alors que les femmes sont majoritaires parmi les étudiant-e-s, leur part diminue au fur et à mesure que le niveau hiérarchique augmente » (Voir : « Plus on monte l’échelle académique, moins on trouve de femmes »). Elles ne sont plus que 11% en haut de l’échelle universitaire.
Même constat dans l’étude du Boston Consulting Group : jusqu’au lycée les filières scientifiques comptent globalement autant de garçons que de filles, mais ensuite l’écart ne cesse de se creuser (Voir graphique ci-dessous).
« Idées préconçues »
« En sciences les femmes peuvent faire aussi bien que les hommes, sinon mieux. Le seul problème est que, jusqu’à récemment, personne ne le leur a dit », souligne la française Brigitte Kieffer, spécialiste du cerveau et lauréate 2014 pour l’Europe du Prix L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science.
Et les stéréotypes ne sont pas pour rien dans ces freins. « Les jeunes filles – mais aussi les parents, les enseignants et la société tout entière – semblent avoir des idées préconçues qui découragent certaines d’entreprendre des études scientifiques ».
Des stéréotypes toujours ancrés au niveau professionnel. Une étude américaine publiée à l’automne 2012 montrait qu’à CV identique, les recruteurs, hommes comme femmes, sont moins susceptibles d’embaucher une femme dans un laboratoire (Voir : Travailler dans un labo : avantage de John sur Jennifer).

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