Accueil Eco & SocialBien-être et richesses Choquante chasse grecque aux sans-papiers

Choquante chasse grecque aux sans-papiers

par La rédaction

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La Grèce, se disant confrontée à une « invasion », a lancé une opération massive anti-clandestins. Au mépris du droit international, et dans des conditions qui risquent d’alimenter la xénophobie, dénoncent des ONG.


 

Les arrestations massives de migrants sans papiers, ces derniers jours en Grèce, déclenchent la polémique. Depuis le 4 août, plus de 6 000 personnes ont été arrêtées dans le pays. La majorité ont été relâchés, mais au moins 1 500 d’entre eux sont en instance d’expulsion.
Le ministre grec de la protection du citoyen, Nikos Dendia, justifie ce coup de force en estimant que le pays est confronté à « la plus grande invasion qu’il ait connu. Il n’a pas connu un tel flot d’immigration depuis l’invasion des Doriens il y a quelque 3 000 ans. »
Dans cette veine antique, l’opération répond au nom de code terriblement ironique de « Xenios Zeus », du nom du dieu grec de l’hospitalité.

« Interdit par le droit international »

Mais plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer cette opération. Pour le parti d’opposition de gauche Syriza, cette vague d’arrestations est « une insulte à la justice et à l’humanité ». L’ONG Human Rights Watch (HRW) juge que « ces rafles sont une façon dangereuse de détourner l’attention des vrais défis politiques auxquels est confronté le pays » et s’inquiète du contexte : « en période de grave crise économique, et après des années de mauvaise gestion de l’immigration et de la politique d’asile, le sentiment anti-migrants s’est accru en Grèce ». En juillet déjà, HRW avait dénoncé dans un rapport une « vague montante de violences xénophobes » dans le pays.
Une autre ONG, Amnesty International, exprime son « inquiétude qu’une telle opération de masse, et discriminatoire, alimente la xénophobie et de nouvelles attaques » et souligne que « les expulsions de masse sont strictement interdites par le droit international ».

Critères ethniques

« La Grèce a le droit de renforcer ses lois sur l’immigration et, après une procédure équitable, de renvoyer dans leur pays les immigrés irréguliers », réagit Benjamin Ward, d’Human Rights Watch. « Mais elle n’a pas le droit de traiter les personnes comme des criminels ou [de les arrêter] simplement en fonction de critères ethniques ».
Même son de cloche chez Amnesty International, qui rapporte des cas de personnes arrêtées bien qu’elles aient montré des papiers prouvant qu’elles résident en Grèce. L’ONG a par ailleurs observé des conditions de détention « inhumaines et dégradantes » dans des centres de détention qu’elle a visités.
« De telles arrestations entraînent le risque d’expulser des personnes qui ont besoin d’une protection internationale mais ne peuvent déposer une demande d’asile », ajoute Amnesty International. En mars dernier, le Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU dénonçait le manque d’attention accordé aux demandeurs d’asile par un État grec débordé.

 

 

Photo : Migrants dans le port de Patras. © Mathias Depardon/ Octobre 2010.

 

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