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Copé prend ses aises avec la parité

par La rédaction

Pauvre Jean-François Copé. Le patron de l’UMP, interrogé lundi matin sur RMC/BFMTV (ici à la 11è minute) sur le peu de place accordée aux femmes pour les législatives, « plaide coupable avec regret ».

Son parti n’a investi que 25% de femmes pour les élections législatives des 10 et 17 juin. Ce qui en fait, de loin, le cancre en matière de représentation des femmes (Lire : « La parité, encore très loin de l’assemblée« ). Mais il n’avait pas le choix, assure-t-il. Pour espérer obtenir le plus de députés possible, il était indispensable à l’UMP de reconduire les députés sortants, très majoritairement des hommes. « C’est un arbitrage que nous avons eu à rendre et qui était difficile dès lors que nous avions 317 députés sortants, et qu’une bonne part d’entre eux se représentent et ont un ancrage très remarquable sur leur territoire, il était extrêmement difficile de les sacrifier », s’est justifié Jean-François Copé.

Des femmes de l’UMP prennent la défense de Jean-François Copé : les réticences ne viennent pas de lui, mais de « la majorité des responsables » du parti.

En fait, l’UMP compte 305 sortants, et non 317. Mais, sachant que le parti présentait 26% de candidates en 2007, n’était-il vraiment pas possible en 2012 de faire mieux que 25% ? D’autant que c’est ce parti qui a fait adopter en 2008 la modification constitutionnelle faisant figurer à l’article 1er de la Constitution : « La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives ».

Le patron de l’UMP assume donc, et rappelle qu’il est un « grand militant de la parité ». Et de brandir le fait qu’il est l’initiateur, avec Marie-Jo Zimmermann, de la loi établissant « la parité dans les conseils d’administration des grandes entreprises ». Voilà un léger glissement sémantique. Car il ne s’agit pas avec cette loi de parité au sens strict, mais de « représentation équilibrée » : l’objectif est de 40% en 2017.

Jean-François Copé assure aussi que son équipe, à l’UMP, « est totalement paritaire ». Si à ses yeux la parité totale signifie un tiers de femmes, c’est exact. Sinon, c’est un joli mensonge. Et de se féliciter également d’une « parité parfaite » à l’UMP dans les conseils municipaux des grandes villes. C’est bien le moins puisque le mode d’élection à ces conseils, par scrutin de liste avec alternance homme/femmes, ne laisse pas d’autre choix.

2 commentaires

nowonshow 21 mai 2012 - 21:28

Pays de comptables. D’épiciers. Normalité, quotas, parité, égalité au sens d’un bilan qui serait en équilibre (EGALITE, c’est le titre de Libération au lendemain de la constitution du gouvernement !), multiplication des radars en tous genre (sur la route et dans les esprits), délation, stigmatisation, injonctions, inflation de règles et règlements. Responsabilité, oui, de certains médias qui, au prétexte de donner la parole au « peuple“ — un vulgaire fonds de commerce —, ne font que participer d’une caricature de la démocratie. Médiocrité à tous les étages, avec la complicité des élites : les politiques se satisfont de cette situation, voire s’y soumettent, les intellectuels ont renoncé à se faire entendre. Un tel contexte, et le régime Sarkozy y a largement contribué, ne peut que nuire au pays. En résumé : continuité dans la différence. Voire dans l’indifférence, tellement on se lasse de cette ambiance. Et puis, au final, tout ça pour quoi ? LA RUINE.

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Seb. 24 mai 2012 - 06:49

Je suis d’accord avec votre critique de cette vison comptable de la parité. Il y a d’ailleurs un problème induit par cette approche dont je m’étonne de ne jamais entendre parler. C’est une réalité, les hommes blanc et d’un âge relativement avancé sont surreprésentés dans les instances décisionnelles, politiques comme économiques. Ce qui me pose problème avec les quotas, c’est que l’on ne va pas virer les gens déjà en place. C’est relativement compréhensible, c’est gens ont une compétence et une expérience. Ils partirons lorsqu’ils auront fait leur temps. Cependant pour respecter les quotas, ces vieux monsieur seront remplacés par des jeunes femmes. C’est donc les jeunes hommes qui vont faire les frais de cette politique pour un état de fait dont ils ne sont ni responsables, ni bénéficiaires. C’est une une forme de responsabilité collective dont on hériterai en fonction de son sexe, le fils devenant débiteur d’une situation dont le père a bénéficié, et la fille créancière du préjudice subi par sa mère. Cette transmission sexuée a finalement quelques points communs avec la loi salique.

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